Le fantôme d'Hugo Chavez va flotter sur le Conseil de Paris lundi prochain. Un élu du Parti de gauche, Alexis Corbière, a déposé un voeu pour que soit attribué à l'ancien président du Venezuela, décédé le 5 mars dernier, un lieu à son nom dans la capitale. "Je rappelle que Chavez a été salué à sa mort par le secrétaire général de l'ONU et que 35 chefs d'Etat étaient présents à ses obsèques, justifie Alexis Corbière. Il est dans la lignée des grands leaders qui ont marqué l'histoire de l'Amérique latine comme Salvador Allende."

Une personnalité peu consensuelle

Sa proposition a pourtant peu de chances d'être adoptée. Première adjointe (PS) au maire de Paris, Anne Hidalgo avait pris ses distances il y a une semaine sur Europe 1 avec "des aspects de la personnalité" de l'ancien président. Les Verts ne semblent pas non plus favorables à l'inscription de Chavez dans le marbre parisien. "Il faut qu'on en débatte mais a priori ça sera non, explique Sylvain Garel, co-président des écologistes de Paris. On peut avoir des sympathies mais en faire un symbole de la politique mondiale me semble excessif". Unique soutien du Parti de gauche, l'ancien maire du 11e, Georges Sarre, qui propose de lui dédier la place Léon-Blum (11e).

Le Parti de gauche a déjà préparé sa riposte en cas de rejet de son voeu. "Je serais surpris que Chavez déclenche une passion particulière, ironise Alexis Corbière. Il y a beaucoup de personnalités que je trouve contradictoires qui ont quand même leur rue à Paris comme Mohammed V (roi du Maroc entre 1957 et 1961) ou Jean-Paul II (pape de 1978 à 2005). Et je ne parle pas de certains antisémites comme Vincent d'Indy ou Jules Lemaître qui ont aux aussi leur plaque dans le 12e."