« Maintenant, je veux être indépendant. » Dépendant à l'alcool, André a choisi d'être hospitalisé dans le nouveau service d'addictologie de la clinique de la Mitterie à Lomme, le plus important de la métropole. Son but : regrouper les spécialistes et les personnes dépendantes de plus en plus nombreuses dans un même lieu
Face à son thérapeute, l'homme au parcours chaotique ne se sens pas encore la force d'arrêter cet alcool qui l'a « aidé à vivre ». De l'autre côté du bureau, le docteur Arnaud Muyssen, chef du service, écoute d'une oreille attentive : « Les addictions ont toujours existé, mais notre société de plus en plus consumériste les accentue », analyse-t-il.
Drogue, tabac, médicaments, boulimie, jeux, sexe sur internet, achats compulsifs : pour lui tout résulte d'une même pathologie : « Quand on arrête une dépendance, on peut facilement basculer dans une autre », souligne-t-il. Pour s'en sortir, la cure de trois semaines débute par un sevrage physique avec le soutien de médicaments, puis avec une série de thérapies de groupe. Relaxation, diététique, comportementalisme : tout est mis en oeuvre pour pouvoir (re)vivre sans béquilles.
Car les tentations sont de plus en plus nombreuses, notamment celles virtuelles : « L'internet accentue ou génère des addictions, comme les jeux en réseau, la pornographie ou encore les sites d'enchère », note Arnaud Muyssen. Quant à l'arrivée du casino à Lille, le clinicien s'attend à une poussée du nombre de patients dans son établissement...


































