Encourageants bien que modestes. Voilà comment ont été qualifiés hier les résultats des essais réalisés par des chercheurs américains et thaïlandais qui ont mis au point un vaccin capable de réduire le risque de contamination par le virus du sida.

Testée sur 16 400 personnes, cette préparation vaccinale, qui est une combinaison de deux autres vaccins, permet, dans 31,2% des cas, de réduire le risque d’infection par le VIH. Cette opération, menée depuis octobre 2003 sur des volontaires par le ministère thaïlandais de la Santé et l'armée américaine dans deux provinces thaïlandaises, est la plus importante jamais réalisée pour un vaccin contre le sida.

C’est aussi celle qui suscite le plus d’espoir. « Ce résultat représente une percée car c'est la première fois qu'il y a une preuve qu'un vaccin contre le virus VIH a une efficacité préventive », indique le communiqué des chercheurs publié ce jeudi à Bangkok. L'Organisation mondiale de la santé et l'Onusida, agence spécialisée de l'Onu, notent que le vaccin « a un effet protecteur modeste » mais soulève « un nouvel espoir ».

Pour Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida, ce n'est pas encore « un outil vaccinal utilisable en termes de santé publique, au sein d'une population ». La ministre de la Santé Roselyne Bachelot rappelle de son côté qu’« il ne s’agit là que d’une étape très préalable dans la mise au point d’un vaccin offrant une protection suffisante » et que « le chemin à parcourir est encore long et le renforcement des mesures de prévention, notamment l’utilisation du préservatif, doit être poursuivi ».