Si les restaurants bénéficient tous depuis ce mercredi d'une TVA réduite de 19,6% à 5,5%, ils ne sont pas contraints pour autant de réduire leurs tarifs. Alors au premier jour de cette baisse attendue par le secteur, que se passe-t-il quand arrive l'addition ? Au centre de Paris, les restaurateurs assaisonnent la mesure à leurs sauces.

A l'heure du déjeuner tandis que les terrasses se remplissent, on peine à trouver l'écriteau "La TVA baisse, les prix aussi ! ", signalant que l'établissement s'engage sur les tarifs. Institution du quartier des Halles au coeur de Paris, Le Louchebem, spécialisé dans la viande, affiche lui la couleur, baissant les prix parfois au delà des 11,8% minimum inscrit dans "le contrat d'avenir" passé entre l'Etat et les professionnels du secteur. "Il faut le faire mais raisonnablement, et pas au détriment de la qualité", explique le patron Etienne Jojot.

La porte d'à côté, l'enseigne du groupe Flo, Hippopotamus, un autre spécialiste de la pièce de bœuf. Ici, pas de surprise, quasiment toutes les chaînes de restauration répercutent la baisse de la TVA sur leurs cartes. Les clients, eux, n'y prêtent pas vraiment attention comme Vanessa, étudiante de 22 ans, qui n'avait pas remarqué que certains produits étaient moins chers. "Les offres étudiantes à -30% m'inciteraient plus à revenir que la TVA", avoue-t-elle.

D'autres restaurateurs ont déjà baissé leurs prix depuis longtemps. 1 euro le café au comptoir ou -10% sur les salades et certaines boissons, Le café des initiés dans le Ier arrondissement de la Capitale compte afficher côte à côte ancienne et nouvelle carte mais pas question en revanche de supporter "les contraintes" du contrat d'avenir, d'autant que deux embauches viennent déjà d'être réalisées.

Un peu plus haut, La cantoche paname dans le IIème arrondissement connaît bien la formule de baisse des prix. Lionel Pigeard, son cogérant, en est même un peu l'instigateur, lançant il y a trois ans les soldes dans son établissement. Une idée originale qu'il poursuit depuis proposant des plats à -10% ainsi que d'autres offres "anticrise". Et ça marche. "Le chiffre d'affaire suit car les clients consomment plus", affirme-t-il. Mais La cantoche appliquera le contrat d'avenir à partir du 27 juillet prochain, tout en continuant l'été de solder ses plats, selon son gérant qui insiste: "l'important, c'est que le client retrouve une conso-plaisir dans la restauration".

Aux tables, habitués ou clients d'un jour partagent le même sentiment, c'est d'abord l'ambiance et l'assiette qui les feront revenir.