Sylvie et Dominique Mennesson ont des jumelles, Isa et Léa. A bientôt dix ans "elles savent lire, écrire. Elles comprennent très bien ce qui se passe", précise d'emblée leur mère. Elles comprennent que si leur mère est "inquiète, angoissée, combative" ce matin, c'est parce qu'aujourd'hui est un jour important. La cour d'appel de Paris doit décider si l'inscription des jumelles, nées en en 2000 aux Etats-Unis de mère porteuse, à l'état civil français doit être annulée, comme le réclame le ministère public.

Après avoir tout tenté pour résoudre l'infertilité utérine de Sylvie, les époux Mennesson décident, à la fin des années 90, de recourir à une gestation pour autrui. Ils partent pour les Etats-Unis et rencontrent, par le biais d'une agence, Mary, une Californienne qui accepte de porter les embryons issus des spermatozoïdes de Dominique et d'un don d'ovocytes. En 2000, les jumelles voient le jour et sont inscrites au registre de l'état civil américain.

A leur retour en France, une transcription des actes d'état civil américains est demandée. Mais la justice refuse et ouvre même une enquête pénale pour "simulation ayant entraîné une atteinte à l’état civil d’enfants".

Fin 2002, un juge d'instruction rend un non-lieu et reconnaît la filiation du couple avec les deux jumelles. Le soulagement est de courte durée. Le parquet de Créteil demande l'annulation de la transcription en invoquant un "trouble à l'ordre public".

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Rejetée, en première instance comme en appel, au nom de l'intérêt supérieur de l'enfant. Mais en décembre 2008, la Cour de cassation renvoie l'affaire en appel. "Je ne conçois pas que la justice punisse mes filles et les prive de leurs papiers français", tempête Sylvie. "On essaie d'annuler leur existence légale parce qu'elles sont nées sous GPA, c'est grave!".