"Je suis favorable à une autorisation temporaire qui permettrait de voir si la gestation pour autrui (GPA) peut se dérouler dans un modèle éthique défendable et moral. Je pense que oui.

L’écueil fondamental de la GPA serait que la femme porteuse soit rémunérée, en fasse son gagne-pain ou subisse des pressions morales. Mais je pense vraiment que, par altruisme, des femmes peuvent porter un enfant pour un couple qui fournit le spermatozoïde et l’ovocyte.

De plus, on peut réduire quasi à zéro les complications obstétricales en sélectionnant les femmes porteuses. Et l’adoption montre qu’un enfant séparé de sa mère utérine peut s’épanouir. Sans nier l’existence du lien in utero, ce n’est pas un pré-requis pour qu’un enfant soit heureux. Reste quelques questions : que se passe-t-il si un enfant présente une anomalie ? Qui décide de ce qu’il faut faire ?

A lire: L'interview, du gynécologue François Olivennes. L'interview, du psychanalyste Jean-Pierre Winter. Le témoignage du couple Mennesson. Des enfants en quête d'identité.

Cela amène aussi à s’interroger sur le vécu des enfants de la femme porteuse, qui voient leur mère être enceinte et finalement ne pas avoir d’enfant. Cela étant, je pense qu'il y a dans la balance plus d’éléments positifs que négatifs."