Vous dénoncez l’amalgame entre troubles mentaux et dangerosité...
Oui. Depuis le drame de Pau, en 2004, l’accent a été beaucoup mis sur la dangerosité des malades mentaux et plus spécifiquement des schizophrènes et des psychotiques délirants. Alors que ces cas sont marginaux et peuvent, grâce à l’ouverture prochaine d’unités pour les malades difficiles, être réglés assez vite. Un projet de loi va bientôt être présenté réformant l’hospitalisation sous contrainte. Il prévoit que la personne hospitalisée sur ordre du préfet soit gardée au moins 72 heures, pour l’observer, éventuellement établir un diagnostic et savoir où l’orienter. Tout le monde ne sera pas obligatoirement hospitalisé. Cela me semble aller dans le bon sens. Mais la question de fond est de savoir à quel moment on considère qu’un patient est suffisamment équilibré pour le faire sortir. A cet égard, la société nous demande d’être très vigilants.

Quelles sont les pathologies mentales les plus courantes en France ?
Les troubles bipolaires, la schizophrénie, les maniacodépressifs et les pathologies addictives. La dépression relève aussi de la pathologie mentale.

D’après l’OMS, 20% des Français seront touchés par une pathologie mentale en 2020…
Oui, à un moment de leur vie. Quelqu’un qui a une pathologie mentale est en souffrance psychique, ce qui va entraîner des problèmes de comportement. Car cette pathologie lui enlève de la liberté soit de penser, soit d’agir et donc à l’extrême de vivre. Par exemple, si vous avez une pathologie dépressive, vous marchez au ralenti, vous ne dormez plus, vous n’avez plus de contact avec votre milieu social. Vous n’avez plus la liberté de vivre normalement.

Peut-on guérir d’une pathologie mentale ?
Beaucoup de pathologies peuvent entraîner un handicap, comme les psychoses. Mais on peut aussi guérir d’une dépression, d’une addiction. Tout dépend de ce qu’on entend par guérir. On guérit parce qu’on évolue dans sa façon de voir les choses, dans la gestion de son angoisse… On va de toute façon être différent d’avant.