L’insertion des jeunes dans l’emploi peut emprunter une voie qui semble devenir prioritaire pour les politiques : l’alternance. Via les contrats d’apprentissage ou ceux de professionnalisation, de plus en plus de jeunes sont amenés à obtenir des diplômes ou des qualifications professionnelles en alternant cours dans un centre de formation et travail au sein d’une entreprise ou d’un service public.
Selon le ministère du Travail, le nombre de 16 - 25 ans en apprentissage était estimé à 417 889 en octobre 2008 (+ 2,9% par rapport à 2007).
eux ayant signé un contrat de professionnalisation étaient 170 898 à la même période, en hausse de 5% par rapport à l’année précédente. Si l’objectif lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Cohésion sociale, d’atteindre 500 000 apprentis fin 2009 ne devrait pas être atteint, la progression du nombre de jeunes formés en alternance est constante ces dernières années, sachant que le contrat de professionnalisation a évincé celui de qualification en 2004.
Des salariés comme les autres
Cependant, deux facteurs risquent de freiner cette évolution dans les mois à venir. Ces deux formes d’alternance étant des contrats de travail, les salariés qui en bénéficient sont, comme l’ensemble de la population active, touchés par la baisse massive des offres d’emploi.
Déjà, dans certains secteurs comme l’automobile, des apprentis sont affectés par les mesures de chômage partiel. D’autres alternants perdent tout simplement leur poste pour cause de faillite de leur employeur. D’autant que les secteurs traditionnels de l’apprentissage, tels le bâtiment et les travaux publics, le commerce et la réparation automobile, souffrent fortement de la récession. Et, donc, embauchent moins de jeunes en alternance. Les contrats de professionnalisation pourraient mieux résister car ils s’adressent à des personnes plus qualifiées, de niveau bac au moins, et concernent des secteurs plus divers.
L’ambition du gouvernement est d’augmenter encore le nombre de contrat en alternance afin de favoriser l’insertion des jeunes dans l’emploi. Mais, “en l’absence d’une politique fiscale et réglementaire incitative, on risque de voir baisser le nombre d’entrées en alternance”, prévient Jean-François Arrighi, du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq). Fin mars, le haut-commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, a suggéré que l’Etat pourrait dépenser 1,5 milliard d’euros pour aider les entreprises embauchant des jeunes en alternance. Avec, au bout du projet, l’embauche de 100 000 jeunes. Un objectif très ambitieux.










































