Tendinites, douleurs articulaires, lombaires et cervicales, canal carpien obstrué… La liste des troubles musculo-squelettiques (TMS) est longue, et ces maladies professionnelles affectent un nombre croissant de personnes en raison de rythmes de travail toujours plus soutenus, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS) qui publie mardi dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire les résultats de plusieurs études.

« Travail à flux tendu, exigence de polyvalence, recours de plus en plus fréquent à la sous-traitance et à l’intérim, autant d’éléments qui contribuent au développement des TMS en générant des rythmes de travail soutenus et une pression temporelle importante », explique dans le Bulletin Ellen Imbernon, directrice du département santé travail à l’InVS.

Ces TMS, qui sont les maladies professionnelles les plus répandues, se traduisent le plus souvent par des douleurs importantes et une gêne fonctionnelle. En 2006, ils représentaient 80% des pathologies en lien direct avec le travail. En 2008, près de 40.000 personnes souffrant de TMS ont été indemnisées par la Sécu, pour près de 800 millions d'euros. Pourtant, ces maladies seraient très largement sous-déclarées, les salariés redoutant que l’annonce de l’affection n’ait un impact négatif sur leur emploi.

Certaines catégories de travailleurs sont plus affectées que d’autres. Pour le syndrome du canal carpien au poignet, les agricultrices, vendeuses, ouvrières de l'électronique, jardiniers, maçons, cuisiniers sont les plus concernés. Les travailleurs en intérim seraient les plus exposés aux facteurs de risques de TMS « avec des rythmes de travail importants imposés par les machines, les normes de production ou les délais à respecter près de deux fois supérieurs aux autres catégories de travailleurs », selon Ellen Imbernon.

Des postes de travail plus ergonomiques pourraient être une manière relativement simple de diminuer les risques de TMS.