Alterner 2 jours par semaine sur le lieu de travail et le reste à domicile. Cela permet d’éviter la désocialisation professionnelle Philippe Planterose, président de l’AFTT (association française du télétravail et des téléactivités).

Bientôt tous télétravailleurs ! Si la grippe A venait à se généraliser, le télétravail pourrait devenir une réalité pour nombre de salariés en France. “Nous n’en sommes pas encore là, mais les entreprises, qui ont l’obligation de mettre en place un plan de continuité d’activités (PCA), commencent à réfléchir à cette solution.”
“La crise économique les incite également à réduire leurs dépenses et donc à former leurs collaborateurs au travail à distance”, explique Philippe Planterose, président de l’AFTT (Association française du télétravail et des téléactivités). Ce mode de travail, encore peu développé en France, présente de nombreux avantages. Pour les entreprises mais aussi pour les salariés ! Les télétravailleurs perdent moins de temps dans les transports, et l’éloignement du lieu de travail ne pose plus de problème. Ils sont moins stressés et moins fatigués. Résultat, ils sont entre 20 et 25% plus productifs. Mais attention, cependant, car pour bien télétravailler, il faut respecter quelques règles. “L’idéal est d’alterner deux jours par semaine sur le lieu de travail et le reste à domicile. Cela permet de conserver un lien avec les équipes et d’éviter la désocialisation professionnelle”, poursuit Philippe Planterose. Il faut idéalement avoir une pièce dans son logement ou un coin bureau, et surtout faire la distinction entre vie privée et vie professionnelle. Trop de télétravailleurs ne parviennent pas à décrocher et travaillent jour et nuit.

La loi au secours du télétravail
En juin dernier, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi sur la “promotion du télétravail”. L’idée : moderniser la définition du télétravail, qui date de 2005.
Le nouveau texte rappelle que le télétravail ne peut pas être imposé à un salarié, et son refus ne constitue pas un motif de licenciement. Il doit faire l’objet d’un accord avec l’employeur et figurer dans un contrat de travail ou un avenant à celui-ci. L’employeur doit de son côté prendre en charge tous les coûts découlant de l’exercice (matériel, logiciels, maintenance). Il est aussi tenu de fixer, en concertation avec le salarié, les plages horaires durant lesquelles il peut le contacter. Une seconde lecture du projet de loi est prévue vers le 15 novembre.