"Une attitude méprisante de la part du personnel soignant", "un ton et des paroles inappropriés, voire humiliants", des "besoins primaires pas toujours respectés (soif, faim, sommeil) », la "douleur parfois ridiculisée", les "atteintes à l'intimité corporelle", etc.
Les 4800 requêtes des usagers du système hospitalier recueillies par le médiateur de la République depuis qu’il a créé, début 2009, un Pôle santé et sécurité des soins, manifestent une "montée inédite et progressive des phénomènes de maltraitance » à l’hôpital. Près de 8 % de ces doléances concernent directement un fait de maltraitance. Dans un texte publié hier, Jean-Paul Delevoye note que cette "banalisation de la violence" concerne les patients, mais aussi le personnel hospitalier, victime de comportements agressifs. Le médiateur rappelle à tous « la nécessité du respect réciproque ».
Selon Thierry Amouroux, du syndicat national des professionnels infirmiers, la maltraitance du personnel envers les patients est directement liée à un manque de moyens : « elle se déroule souvent quand il n’y a qu’un seul soignant dans le service et donc pas de témoin. Le soignant peut en tirer un sentiment d’impunité, surtout quand ses patients sont très faibles ». Pierre Pfitzenmeyer, chef du service gériatrie du CHU de Dijon, évoque aussi le fait que « la maladie et la mort étant de moins en moins bien perçues, les patients arrivent angoissés à l’hôpital et le personnel n’a pas le temps de les écouter, de les rassurer, de les informer. Ce qui peut entrainer des incidents. Les soignants sont devenus des machines à faire. La maltraitance vient donc aussi de l’Etat. »

Condamnation
Au Havre, le tribunal correctionnel a condamné lundi à un an de prison avec sursis une aide-soignante reconnue coupable de “maltraitance habituelle” envers des personnes âgées entre 2004 et 2006.