L’université, gran­de gagnante de la montée en puissance de l’apprentis­sage ? Possible, tant la voie de l’alternance progresse dans les cursus au-delà du baccalauréat.

Selon le ministère de l’Education nationale, 80 467 étudiants ont préparé un diplôme d’enseignement supérieur via l’apprentissage en 2006-2007 (+ 13,9% par rapport à la rentrée précédente). Même si ce type d’enseignement reste minoritaire au sein des études postbac, le nombre d’apprentis croît de 12% en moyenne chaque année, contre 1,3% pour le niveau secondaire.

Même si les BTS demeurent les diplômes les plus représentés, les DUT, licences pros et autres masters universitaires se taillent une part de plus en plus respectable. Selon un décompte émanant de la Conférence des présidents d’université (CPU), les facs françaises formaient au moins 17 000 étudiants par la voie de l’alternance en 2005-2006.

Exemple de la transformation de l’université : le CFA Sup 2000, créé en 1990, soit juste trois ans après la première possibilité législative d’insérer l’alternance au sein des cursus universitaires. Aujourd’hui, ce centre de formation regroupe 2 769 ap­prentis qui étudient au sein de huit universités de la région parisienne.

Josiane Tatin, qui le dirige, explique l’engagement des universités par le besoin d’avoir une image attrayante pour les étudiants, et de répondre aux demandes des entreprises en termes de compétences. Elle prévient toutefois : “Certains jeunes ne sont pas fait pour l’apprentissage et ne sont pas assez matures pour supporter la pression et le rythme de travail.” Mais elle ajoute : “Pour ceux qui s’y engagent, la reconnaissance de la part de l’employeur est très gratifiante.” Selon elle, les places sont chères et réservées aux plus motivés.

Coût moindre des formations
Une chose est sûre : pour les financeurs (les Régions notamment), le coût des formations en apprentissage au sein des universités se révèle moindre que le montant à verser pour celles dédiées aux premiers niveaux (CAP, BEP, etc.). En effet, dans le premier cas, il suffit souvent d’adapter une organisation déjà existante. En outre, comme le confie Gilles Roussel, vice-président de l’université de Marne-la-Vallée (20% d’apprentis), cette voie alternative permet de “recevoir des moyens complémentaires”. Un avantage pour l’université autant que pour les apprentis.