La loi handicap de février 2005 était très claire : au 1er janvier 2010, les établisse­ments de plus de 20 salariés qui n’auraient rien fait en faveur de l’emploi des personnes handicapées (PH), se verraient taxés d’une surpénalité de l’ordre de 13 500 euros par travailleur handicapé manquant à leur effectif. Soit le paiement d’un smic annuel. Ce couperet financier a-t-il eu un réel impact sur la mobilisation des employeurs en faveur des professionnels souffrant d’un handicap ?

Selon les chiffres de l’Agefiph (organisme chargé de collecter les contributions des entreprises), il ne resterait plus que 5 900 entreprises “n’ayant rien fait d’autre que de payer la contribution”. Contre 23 000 il y a un an. Or, le taux d’emploi des PH est encore faible : 2,8% contre les 6% exigés par la loi. Pire, le chômage des PH s’élève encore à 19,3%, avec une hausse de 8,8% en 2008.

Recours à la sous-traitance
En fait, au lieu d’embaucher des PH, les entreprises ont recours à la sous-traitance auprès du secteur protégé ou d’entreprises adaptées. L’un des moyens rapides et simples de s’affranchir de la fameuse pénalité. Pour inciter les entreprises à se bouger et aider les PH à traverser les turbulences économiques actuelles, l’Agefiph avait pourtant lancé, il y a un an, un plan de crise. A la clé : 135 millions sur deux ans pour favoriser l’accès à l’emploi et à la formation des PH. Même si cette rallonge semble avoir permis de limiter la casse, le handicap n’est pas encore une préoccupation majeure des dirigeants.

Pourtant il suffit de passer à l’acte, en embauchant une PH, pour enfin dépasser la peur du handicap. Selon un sondage Ifop pour Adia (octobre 2009), 88% des salariés côtoyant des PH jugent facile de travailler avec elles. En revanche, parmi ceux qui n’ont pas de collègues handicapés, la perception est beaucoup plus négative : 55% pensent qu’ils ont du mal à accomplir leur travail… et 19% estiment qu’ils compliquent leur travail. La preuve par l’exemple, il n’y a que ça de vrai.