200 millions de personnes utilisent ce produit tous les ans : le DEET est le répulsif le plus utilisé au monde contre les piqûres d'insectes. Il pourrait pourtant se révéler toxique : une équipe de chercheurs a démontré pour la première fois que le DEET inhibe l'acétylcholinestérase, une enzyme clé dans les échanges entre cellules nerveuses. L'étude vient d'être publiée par la revue BioMed Central Biology. "On a galéré pour publier ces résultats car il a fallu lever pas mal de freins", confesse le professeur Bruno Lapied, chercheur à l'université d'Angers, au quotidien Ouest-France.

Des souris affectées
Le DEET est censé modifier les perceptions olfactives du moustique: il ne piquera pas une peau imprégnée de répulsif contenant la molécule. "En effectuant des tests, nous avons constaté que des moustiques mouraient, ce que l'on observe avec un insecticide mais normalement pas avec un répulsif", explique Bruno Lapied au quotidien. Toujours plus fort : les tests se sont aussi révélés positifs sur des souris. De quoi se poser la question de la dangerosité sur l’être humain…

Là, les chercheurs sont moins catégoriques. Une nouvelle étude, en cours, pourrait trancher la question.

Déconseillé aux enfants
Pour le moment, donc, les scientifiques préconisent le principe de précaution. Le DEET serait donc déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes. Et certains réclament une réglementation européenne plus stricte : le produit, classé aujourd’hui parmi les cosmétiques, pourrait désormais relever des pesticides.