On fait souvent le parallèle entre la polémique autour de la dangerosité de la téléphonie mobile, et les combats menés en leur temps pour que soient reconnus les effets nocifs du tabac et de l’amiante.
L’association des opérateurs de téléphonie mobile répète ce leitmotiv : « Antennes-relais : absence de danger pour les riverains », reprenant le discours officiel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail).
Le ministère de la Santé a admis, dans un communiqué de janvier 2008, que « l’hypothèse d’un risque ne pouvant être totalement exclue, une approche de précaution est justifiée » concernant l’utilisation du portable.
Cela fait à peine dix ans que les technologies sans fil se développent massivement, et il faudra encore plusieurs années pour en connaitre tous les effets. Cependant, plusieurs études internationales, au financement indépendant, pointent déjà leur nocivité.
C’est le cas de l’étude européenne Reflex. Ses résultats, rendus en 2004, montrent que les ondes électromagnétiques de la téléphonie mobile « sont à même de produire des ruptures d’ADN, d’augmenter le nombre d’aberrations chromosomiques et de modifier l’expression des gènes. »
Le rapport BioInitiative, d’août 2007, fait la synthèse de 1600 études et conclut que les radiofréquences auraient un impact négatif sur les gènes, entraîneraient la production de protéines de stress et causeraient des réactions inflammatoires et allergiques, même à des niveaux inférieurs aux normes d’exposition du public. De plus, le risque de tumeurs au cerveau croît de 20% au bout de 10 ans d’utilisation du portable.
Un taux qui passe à 200% quand on téléphone toujours du même côté. De même, le risque de tumeur du nerf acoustique augmente de 30% au bout de 10 ans et de 240% si on utilise toujours la même oreille. L’étude Interphone, initiée en 1999 par l’Organisation mondiale de la santé et dont les conclusions définitives tardent à être publiées, conforte ces résultats.
Beaucoup moins anxiogène est l’avis rendu par l’Académie nationale de médecine, le 3 mars dernier, soit un mois après que Bouygues Telecom a été condamné à retirer une antenne-relais à Tassin-la-demi-lune.
Dans cette « mise au point », il est rappelé que « les téléphones mobiles, et donc les antennes, permettent de sauver chaque année des centaines de vies humaines », que « les antennes-relais entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100 000 fois plus faibles que les téléphones portables », et que l’OMS s’est prononcée « sur l’absence de risques de ces antennes ».
Quelques jours après, Le Canard Enchaîné révélait que l’un des membres de l’Académie, le Pr. André Aurengo, est aussi membre du conseil scientifique de Bouygues... Une autre étude, publiée récemment par le Pr Jean-François Viel, conclut que la télévision et la radio sont les deux principales sources d’ondes électromagnétiques.
Un résultat inexact, selon les associations Priartem et Agir pour l’environnement, au regard des 500 derniers relevés de fréquences réalisés par l’Agence nationale des fréquences. Il apparait que la téléphonie mobile est, dans 88% des cas, le principal contributeur des ondes.



































