Qu’est-qui vous a amené à réfléchir à la gentillesse ?
Je suis persuadé que cette valeur est primordiale. Etre gentil envers soi-même comme envers les autres est toujours récompensé d’une manière ou d’une autre. Quand j’ai commencé à me renseigner sur le sujet, il m’est clairement apparu que de nombreuses études scientifiques montrent tout le bénéfice que l’on tire à être gentil : cela active dans notre cerveau le centre du plaisir de la même manière que si on mange un bon repas, qu’on fait l’amour, qu’on offre un cadeau à quelqu’un ou qu’on prend de la drogue. De plus, être gentil avec quelqu’un augmente les chances qu’il soit gentil envers vous en retour. Dans le cadre du travail, les gens sont plus performants s’ils sont bien traités, etc. Il est important de faire passer le message que tout le monde a à gagner à être gentil.

Quelle est votre définition de la gentillesse?
C’est avoir de bonnes pensées et, ensuite, les transformer en action. Or, il n’est pas si facile d’être gentil: cela requiert d’avoir un bon jugement, de la sagesse, d’être intègre et courageux. Car être gentil ne signifie pas acquiescer à tout ou à se laisser faire. On est parfois amené à prendre des décisions difficiles voire impopulaires, mais qu’on sait être les meilleures pour nous comme pour les autres.

Etre gentil dénote donc une grande force de caractère…
Il ne faut en effet être ni faible, ni stupide. C’est un vrai défi d’être gentil ! Mais c’est un défi qui vaut la peine d’être relevé, car tout le monde est gagnant.

Vous dites aussi que la gentillesse est contagieuse…
Oui, une expérience scientifique menée dans une université le montre : la moitié des étudiants présents se sont vu offrir un gâteau. L’autre moitié n’a rien reçu. Puis tous les étudiants ont été sollicités pour apporter leur aide à des camarades, différents de ceux qui avaient distribué les gâteaux. Eh bien ceux qui ont reçu un cookie ont davantage aidé leur prochain que ceux qui n’avaient rien reçu ! Voilà un exemple typique de comment se répand la gentillesse. Si vous faites une bonne action, les chances que les autres en fassent autant envers vous comme envers leur entourage augmentent.

Pensez-vous que la gentillesse pourrait être le remède à l’hyper individualisme des sociétés contemporaines?
Je ne pense pas que notre société soit mauvaise en soi. En réalité, les gens sont déjà plutôt gentils les uns envers les autres : quand quelqu’un tombe dans la rue, on lui propose de l’aide, quand quelqu’un nous dit bonjour ou nous sourit, on lui répond, etc. Je pense que l’évolution des espèces a sélectionné une race humaine altruiste et généreuse. Ce qui ne veut pas dire que les humains n’ont pas de côté sombre. Si nous prenons tous conscience du peu d’efforts à faire pour accomplir une bonne action, alors nous augmenterons à coup sûr le niveau de gentillesse dans notre société.