"Ne passer que 3 à 5 ans en moyenne dans une entreprise ? Cela n’a plus rien de choquant, de nos jours, bien au contraire, estime Pierre-Olivier Landry, DRH Europe-Moyen-Orient-Afrique de la société Regus (location de bureaux et de salles de réunion). Le rythme du business, l'évolution des technologies et des marchés, la volonté d'apprendre en permanence et de progresser s'inscrivent dans ce schéma, surtout au cours des 15 premières années de carrière".

Malgré la crise qui contribue à bouleverser toutes les certitudes en la matière, les recruteurs sont formels : l’époque de la fidélité à toute épreuve à son entreprise est bel et bien révolue, voire définitivement enterrée. Place au cadre mobile voire zappeur invité à (se) tracer une trajectoire professionnelle faite d’expériences, de challenges et de remise en question permanente.

Selon l’APEC qui mesure chaque année le phénomène, en 2008, 6% des cadres ont quitté leur entreprise pour en rejoindre une autre. Selon l’étude, les plus jeunes, sans grande surprise, demeurent les plus mobiles à l’inverse de leurs aînés de 50 ans et plus.

D’après les spécialistes, avant 35 ans, les cadres « élaborent » traditionnellement leur carrière sur un marché qui s’avère particulièrement vaste pour eux. D’où une forte mobilité. Ensuite ? Plus ils avancent en âge, plus ils accèdent à des postes à responsabilité. Conséquence : le marché se restreint et la mobilité dégringole.

Quoi qu’il en soit l’objectif numéro un d’un cadre doit être, en permanence, d’acquérir de nouvelles compétences et de s'ouvrir à de nouveaux comportements tout au long de son parcours professionnel.

"Cette démarche est valable que l’on reste dans son entreprise ou que l’on en change régulièrement, rappelle Frédéric Adida, coach et président d'Assaté. Lorsque vous changez d'entreprise, vous devez considérer votre univers professionnel avec un nouveau regard et allez apprendre à travailler différemment. Autre bénéfice : l’intensification de votre réseau".

À l’image de Dominique Busso, 41 ans, président de NetMedia Europe (45 salariés), groupe de presse européen d’information high tech, qui a multiplié les postes depuis une douzaine d’année. "J’ai commencé ma carrière dans la Silicon Valley, puis ai travaillé pour des médias français, élaboré les stratégies online de plusieurs entreprises de presse européennes, puis créé ma structure. Bref, en côtoyant des start-up, des grands groupes, des actionnaires hollandais et britanniques, j’ai acquis une expérience et un goût du challenge sans commune mesure avec ceux auxquels j’aurais pu me frotter en restant dans la même structure."