Berlin a été pendant des années le symbole d’un monde divisé. De nos jours, la capitale allemande est plutôt l’une des villes les plus branchées d’Europe. A première vue, il ne reste plus grand-chose du Mur, détruit au nom de la liberté – les chasseurs de souvenirs ont ramené beaucoup de ciment dans leurs sacs –, à part de larges pans couverts de fresques colorées.
Le quartier de Prenzlauer Berg est le point de départ de votre pèlerinage cycliste et historique : autrefois réservé à la classe ouvrière, c’est devenu un quartier bohème. Une atmosphère d’époque demeure, qu’entretiennent les petits bars, les boutiques et les restos vintage. Un bout de mur se tient sur Bornholmer Stras­se et, dans le parking, on peut voir les rayures blanches du checkpoint qui s’y trouvait. “Seule la peinture a survécu à la RDA”, sourit notre guide. Cachés dans les buissons se trouvent deux groupes électrogènes démontés. Dans la précipitation de la réunification, on les a laissés sur place.
Du pont, on pédale le long des rails jusqu’à Bernauer Strasse, la rue où le garde frontière Hans Con­rad Schumann s’est échap­pé, à 19 ans, en sautant par-dessus les barbelés du mur en construction, le 15 août 1961. Ce moment a été filmé et diffusé dans le monde entier. Les dernières centaines de mètres du Mur se trouvent à Bernauer Strasse, où vous trouverez aussi la Fondation du Mur de Berlin, qui donne une vision effrayante de la vie avec le Mur. De l’autre côté de la rue se trouve un musée avec une tour d’observation dans laquelle on peut monter gratuitement. N’oubliez pas non plus de visiter le musée de Checkpoint Charlie, frontière pour étrangers et diplomates, qui raconte plusieurs histoires sur les façons avec lesquelles on essayait de s’échapper vers l’Ouest.
On peut encore voir des impacts de balles datant de la fin de la Seconde Guerre mondiale, échangés entre l’Armée rouge et les nazis, dans le mur qui sépare Garten Strasse des rails qui mènent à la gare de Nord­bahnhof. Les mots “Secteur démocratique”, “Fin” et “Commencement” sont inscrits à la craie dans un passage qui aidait à passer à l’Ouest, devenu une impasse à la fin de la construction du Mur. Resté scellé, il vous fera prendre cons­cience que ce passé n’est, en fait, pas si lointain que ça.