Le Réseau Environnement Santé (RES), qui regroupe des ONG, des professionnels de santé, des scientifiques et des citoyens, relance le débat sur les risques sanitaire liés au PFOA, utilisé notamment dans les revêtements anti-adhésifs des poêles de cuisson.

Le 27 juillet dernier, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) avait considéré "négligeables" les risques que pouvaient représenter, pour la santé, ce type de revêtement contenant des résidus de PFOA. Cette conclusion, prononcée au terme de deux ans d'expertise, faisait suite à une demande émise par l'association de consommateurs "UFC Que Choisir".

Aujourd'hui, le RES formule pour le PFOA, les mêmes critiques déjà émises en mars dernier contre l'avis de l'Afssa sur le bisphénol A (BPA). Le RES met en avant l'importance de ne pas limiter l'étude de l'impact sanitaire de PFOA à la seule ingestion des résidus notamment au cours de la cuisson des aliments, et rappelle que les perfluorés sont présents dans les cosmétiques, l'imperméabilisation des textiles, les peintures, les lubrifiants, les cires pour les sols et les voitures ainsi que dans les mousses anti-incendie.

Le RES souligne également l'importance de prendre en compte l'effet conjugué des produits perfluorés et rappelle que si l'un d'eux, l'Acide perfluorooctane sulfonique (PFOS), est interdit en Europe depuis 2008, il "reste cependant très présent dans l''environnement et l'organisme humain où il peut agir de concert avec le PFOA et les autres composés fluorés".

Le RES cite les résultats d'études, peu ou pas prises en compte par l'Afssa, qui montrent un lien entre la concentration en PFOA et PFOS dans l'organisme et une baisse du poids et de la taille constatée à la naissance aux Etats-Unis. Une baisse de la qualité du sperme, constatée au Danemark, qui peut aller jusqu'à 2,5 fois moins de spermatozoïdes chez les hommes les plus imprégnés, ainsi qu'une baisse de la fécondité révélée par une étude américaine et danoise en 2009.

Pour ces raisons, le RES conclu que l'avis de l'Afssa concernant le PFOA est insuffisant et que l'impact sur la santé de l'ensemble des perfluorés doit être étudié par plusieurs agences.