Tout réussit à Etgar Keret : la littérature (Pipelines), le cinéma (Les Méduses), et maintenant l’animation. Pas tout seul, puisqu’il signe à quatre mains le scénario du Sens de la vie avec Tatia Rosenthal, pour un film d’animation joliment philosophique. Tout part d’un SDF qui se tire une balle devant un brave type un peu paumé. Celui-ci a deux fils : un huissier amoureux d’une blonde fatale qui réserve un drôle de sort à ses prétendants, et un doux rêveur au chômage, qui commande un livre par correspondance intitulé Le sens de la vie. Dans leur immeuble vit aussi un veuf, un couple à la dérive, un petit garçon qui apprend la valeur de l’argent... C’est sûr, on n’est pas chez Wallace & Gromit. Les personnages de pâte à modeler sont un peu grossiers, mais ils dégagent plus d’émotion que bien des acteurs vivants. Les mille petits détails de mise en scène et de scénario épatent, émeuvent, font sourire au détour d’un petit drame ou d’une joie diffuse. Une production israélo-australienne prometteuse.