Est-ce la crise ou une volonté de "resserrement" qualitatif ? Qu'importe, cette année, Livres Hebdo annonce la publication de 659 titres contre 727 en 2007 et 676 en 2008. 430 romans français, soit 36 de moins qu'en 2008 et 87 nouveaux romans… Seul le domaine étranger connaît une augmentation avec 19 titres de plus : 229 traductions seront ainsi publiées à la rentrée. Parmi eux, pléthore de romans anglophone, mais aussi – effet salon de livre ? – d'œuvres hispanophones et aussi indiennes.
French touch
Peu d'échos pour l'instant n'ont filtré de cette rentrée. Point de croustillants à la Christine Angot à se mettre sous la dent. Ni de gros coup façon BHL/Houellebecq l'année dernière. Seul, Frédéric Beidbeger – sommé de revoir la copie "D'un roman français" (Grasset) afin de modifier quelques passages concernant le procureur de la République de Paris - fait pour l'instant jaser quelques gazettes. En littérature comme en politique, la tendance semble plutôt être à la sobriété cet été.
Seuls émergent donc quelques blockbusters coutumiers du fait, telles Amélie Nothomb ("Le voyage d'hiver "chez Albin Michel), tirés à plus de 50 000 exemplaires, et ses comparses Sylvie Germain ("Hors champ", Albin Michel) et Eliette Abecassis ("Sépharade" Albin Michel).
Les médiatiques Patrick Poivre d'Arvor, ("Fragments d'une femme perdue", Grasset), Philippe Delerm ("Quelque chose en lui de Bartleby, Mercure de France), Nicolas Fargues ("Le roman de l'été", POL) ou Samuel Benchetrit ("Le cœur en dehors", Grasset) côtoient les "valeurs sûres" de la littérature française que sont aujourd'hui Marie Ndiaye - qui signe un roman remarquablement "goncourable" – "Trois femmes puissantes" (Gallimard) – et son compagnon Jean-Yves Cendrey ("Honecker 21", Actes Sud).
Jean-Philippe Toussaint ("La vérité sur Marie" Minuit), François Bon qui après les bios singulières de Bob Dylan ou Led Zeppelin revient avec une fiction "L'incendie du Hilton" (Albin Michel), Véronique Ovaldé ("Ce que je sais de Guerra Candida" L'Olivier), Anouar Benmalek ("Le rapt", Fayard), Sorj Chalandon ("La légende de nos pères", Grasset) et Laurence Plazanet, ("La blessure et la soif", "Gallimard) devraient aussi apporter souffle, densité et singularité à cette rentrée.
Langues étrangères
Moult romans anglophones et hispanophones débarqueront d'ici peu en librairie. Sûr que Carlos Ruiz Zafon, auteur comblé de "L'ombre du vent" saura se faire remarquer avec son" jeu de l'ange" chez Robert Laffont. Autres titres convoités : la "Contrebande" du cubain Enrique Serpa, la course folle de l'irlandais Colum McCann ("Et que le vaste monde poursuive sa course folle", Belfond), le "L.A story" de James Frey aux éditions Flammarion et "l'enfant éternel" du brésilien Cristovao Tezza, prix Sao Paulo du meilleur livre de l'année 2008. Trois auteurs américains devraient aussi remporter dans les mois à venir un beau succès critique et public: David Foster Wallace, décédé en 2008 dont "La fonction du balai" est attendue au Diable Vauvert, Joseph O'Neill pour son "Netherland", un roman recommandé par Barack Obama et William Vollmann pour son "Livre des violences" (Tristram Tristram). En attendant, bien sûr, la sortie d'"Exit le fantôme", nouvel opus du maître des lettres américaines, Philip Roth, le 1er octobre aux éditions Gallimard. Et si jamais, vous ne souffrez guère la rentrée littéraire, reste à piocher dans les 75 essais, récits ou mémoires qui garniront aussi les rayons dans peu de temps.



































