Une littérature marquée par l'autofiction et le solipsisme : littérature du moi, un moi en ballade ou jachère à Saint-Germain-des-Près de préférence… Les années 2000 sont celles du moi, du sexe et des coups marketing. De l'autofiction, cet art de la mise en scène du je que manie avec brio, Catherine Millet, Christine Angot, Frédéric Beidbeger, Michel Houellebecq etc. Aux côtés de cette littérature "bruyante" ou affriolante émergent des voix plus âpres, singulières, intimes ou engagées : Marie Ndiaye, Jean-Yves Cendrey, Sylvie Germain, Alice Ferney, Catherine Cusset, Laurent Gaudé, Matthias Enard, Mathieu Belezi, Yasmina Khadtra… quand d'autres s'inspirent de la littérature américaine tels Jean-Louis Dubois, Olivier Adam, Philippe Djian. Autre tendance, l'avènement récent d'une "littérature monde" comme l'appellent de leurs vœux Jean Rouaud et Michel Le Bris dans un manifeste publié en 2007. Une littérature monde qui signerait le retour du monde, du sujet, du sens et de l'Histoire contre le cloisonnement d'une littérature francophone qui à trop se regarder le nombril, finit par s'épuiser. L'ouverture sur l'autre… Nouvelle tendance de cette fin de décennie ? A suivre…

Les temps forts

Pas de bug, peut-être en ce début de décennie mais une année 2000 en demi-teinte avec l'apparition des best-sellers "easy-reading" comme le "Et si c'était vrai" de Marc Lévy ou "99 francs de Frédéric Beidbeger. Autre succès public : "Balzac et la petite tailleuse chinoise" de Dai Sijie, "La Métaphysique des tubes" d'Amélie Nothomb et "Dans ces bras-là" de Camille Laurens, prix Femina de l'année. Autre événement en 2001 dans la catégorie polar ou littérature noir, Fred Vargas fait bruisser la critique avec "Pars vite et reviens tard" tout comme Marie Ndiaye pour "Rosie Carpe" qui obtient le Femina, quand Catherine Millet étale sa vie sexuelle ("La vie sexuelle de Catherine M"). "La Tache" de l'américain Philip Roth (prix Médicis étranger) et "L'immeuble Yacoubian" de l'égyptien Alaa al-Aswani et côté français "Oscar et la dame rose" d'Eric-Emmanuel Schmitt portent l'année 2002 avant que ne débarque le "Da Vinci Code" de Dan Brown, Les Ames grises de Philippe Claudel, "La maîtresse de Brecht" de Jacques-Pierre Amette (Prix Goncourt 2003), "le Complexe de Di" de Dai Sijie (prix Femina) et "L'ignorance" de Milan Kundera.
Christine Angot sort ses "Désaxés" en 2004 alors que Marie Nimier publie son deuxième roman "La reine du silence", que Laurent Gaudé ramène le Goncourt aux éditions Actes Sud avec le superbe "Le soleil des Scorta" et que la "Vie Française" de Jean-Paul Dubois remporte un franc succès. Les lecteurs français découvrent cette même année "Une suite française" (prix Renaudot) d'Irène Némirovsky, écrivain française morte en déportation en 1942. Belles publications étrangères encore en 2005 avec les publications du "Lunar Park" de Bret Easton Ellis, "Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme" de Cormac McCarthy" et de "Neige" de Orhan Pamuk (prix Médicis étranger). Régis Jauffret publie "Asiles de fou", Ann Scott "Héroïne", Sylvie Germain "Magnus" et françois Weyergans rafle le Goncourt pour "Trois jours chez ma mère". Le Goncourt 2006 crée lui une petite polémique. Jonathan Littell en a t-il trop fait – trop de mal, de perversion, d'horreurs ? - avec ses "Bienveillantes". Plus consensuelle, Muriel Barbery, remporte l'adhésion des libraires et du public et le premier tome de Millénium – Les hommes qui n'aimaient pas les femmes – du suédois Stieg Larson sort discrètement en librairie. Harry Potter fait ses adieux en 2007 lorsque parait enfin en France, le tome 7 de ses aventures : "Harry Potter et les Reliques de la mort". Daniel Pennac signe "Chagrin d'école", Eric Fottorino ses "Baisers de cinéma" et Alain Robbe-Grillet un "Roman sentimental". Enfin, Atiq Rahimi crée la surprise en 2008 en recevant le Goncourt pour "Syngué sabour, Pierre de Patience".