Autobiographie romancée, retour du je, de la grande et de la petite histoire – questionnement sur la première guerre mondiale, les tragédies de la seconde et les désillusions de l'époque contemporaine - la décennie des années 90 s'épanouie dans la diversité des écritures du je où la fiction s'entremêle intimement avec le réel, créant en genre en soi… ni dogmatisme, ni théorie mais une littérature qui entretient une relation dialogique avec le cinéma, les sciences-humaines, la télévision et bientôt l'avènement des séries télé de qualité… ainsi que la sexualité.
Les temps forts
La décennie s'ouvre par l'attribution du Nobel de littérature à l'écrivain mexicain Octavio Paz alors que les lecteurs français découvrent cette même année L'Immortalité, sixième roman du tchèque Milan Kundera et que parait en Chine, La Montagne de l'âme un chef d'œuvre de Gao Xingjian, traduit en 1995.
Outre-Atlantique, Bret Easton Ellis déchaîne la critique avec American psycho en 1991, alors que Marguerite Duras publie chez Gallimard, L'amant de la Chine du nord. L'année suivante, Amélie Nothomb fourbit sa notoriété avec son très remarqué et remarquable Hygiène de l'assassin, alors que Patrick Chamoiseau remporte le Goncourt pour Texaco et que les éditions Métailié publient le somptueux roman du chilien Luis Sepulveda, Le vieux qui lisait des romans d'amour.
1993, une femme noire obtient le Nobel de littérature. Il s'agit de l'américaine Toni Morrison, professeur de littérature et éditrice. Un autre auteur américain remporte le prix Médicis : Paul Auster pour son Léviathan. En Angleterre, Irvine Welsh sort son premier roman Trainspotting, roman culte adapté quelques années plus tard sur grand écran. Un an plus tard, la sortie du Premier homme, un roman autobiographique inachevé d'Albert camus, publié par sa fille, défraie la chronique.
1995, les lecteurs découvrent la Classe de neige d'Emmanuel Carrère (prix Femina), La langue maternelle de Vassilis Alexakis et Le testament français d'Andreï Makine – lauréat aussi du prix Goncourt – qui tous deux, reçoivent ex-aequo le prix Médicis alors que Le Monde de Sophie, le best-seller de Jostein Gaarder débarque en France. Helen Fielding entame l'année suivante son fameux Journal de Bridget Jones et Frédéric Beigbeder publie en 1997, L'amour dure trois ans, la chronique sentimentale d'un jeune mondain. Philip Roth signe, lui, aux Etats-Unis, sa Pastorale américaine alors que les aventures d'un petit sorcier s'apprête à fasciner le monde (Harry Potter à l'école des sorciers). Suivront, un beau succès critique en 1998 pour La chambre des officiers (prix des libraires et prix des Deux magots 1998) de Marc Dugain, La maladie de Sachs (prix du livre inter) de Martin Winckler et les Particules élémentaires d'un auteur dont on commence à parler, Michel Houellebecq. En 1999, les sud-américains plongent dans la Disgrâce de John Maxwell Coetzee, Booker prize de l'année (nobélisé en 2003). Jean Echenoz reçoit le Goncourt pour Je m'en vais, l'allemand Günter Grass obtient la récompense suprême pour l'ensemble de son œuvre.




































