Mis à jour 29-06-2009 21:39

“Je ne tape jamais mon nom sur Google”

Beth Ditto, la chanteuse de Gossip, présente son nouvel album...

Gossip

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Photo : Lee Broomfield

Beth Ditto est en train de se changer. Elle enfile une robe noire simple mais élégante, un vrai contraste avec sa peau porcelaine. Et pas besoin d’accessoires : ses yeux ont l’air de deux papillons avec son maquillage. La chanteuse, devenue la chouchou surprise des créateurs de mode, est à Paris avec ses deux comparses de Gossip, Hannah Blilie et Nathan Howdeshell, suite à la sortie de leur nouvel opus, Music For Men. Plus sophistiquée et mêlant le punk et le disco, la voix de Ditto ressemble par moments à celle de Chaka Khan. “Merci, c’est un compliment !” dit-elle, enthousiaste. Car malgré son immense succès, cette jeune femme de 28 ans est restée fermement sur terre... Rencontre.

Ce nouvel album est plus sophistiqué que le précédent, mais reste très énergique. Comment avez-vous abordé l’enregistrement ?
Nous voulions travailler de la façon la plus simple possible, pour faire un disque que nous n’aurions aucun mal à jouer en live. Nous voulions pas d’instruments superflus, rien que nous ne serions pas capable de reproduire. Music for Men sonne comme un disque de Gossip, mais en un peu plus adulte.

C’est vous qui avez engagé Rick Rubin, le producteur des Red Hot, Johnny Cash ou encore des Beastie Boys ?
Non, c’est lui qui est venu nous chercher. Va savoir pourquoi ! C’est quelqu’un qui est passionné par la musique et les nouveaux groupes et qui voulait juste nous aider à faire le meilleur disque possible. Il n’a pas tenté de nous imposer quoi que ce soit mais voulait, au contraire, que nous nous sentions le plus à l’aise possible.

Gossip
Music for Men
Label : Jive Epic
4/5

Vous avez crée le groupe en Arkansas, là où tu es née, mais vous vivez tous à Portland. Pourquoi pas une ville plus rock comme Seattle ?
Nous voulions nous installer dans la prochaine grande ville à la mode. Donc ni L.A., ni Seattle, ni San Francisco ! A Portland, il y a une forte communauté gay, les gens sont tolérants. Et puis c’est une ville agréable à vivre, pas intimidante. On ne ressent pas l’urbanisation comme dans la plupart des grandes villes américaines.

Trouve-tu que les médias se focalisent un peu trop sur ton poids ? Certaines remarques te blessent-elles ?
Je ne tape jamais mon nom sur Google et je préfère ne pas lire ce qu’on écrit sur moi. Parce que je crois que pourrais sérieusement m’énerver ! En revanche, mon poids est une vraie question politique et ça ne me dérange pas du tout d’en parler, bien au contraire !

D’ailleurs, on a beaucoup parlé de toi pendant la Fashion Week à Paris, notamment du fait que tu n’entres pas dans les canons de beauté actuelle...
Je ne suis pas dupe. Beaucoup de gens m’ont dit que j’étais jolie parce qu’ils pensent que c’est ce que j’ai envie d’entendre, ou parce que c’est leur façon d’être polis. La vérité, c’est que je me moque de ce qu’ils pensent. Ce que je retiens de la Fashion Week, c’est ma rencontre avec plein de gens talentueux que j’admire, même si je ne peux pas dire que nous sommes devenus amis.

Quels sont tes créateurs favoris ?
J’aime Jeremy Scott et Jean-Charles de Castelbajac. Récemment, je suis tombée amoureuse du travail des jeunes créateurs de la marque Nuit N° 12 (Ludivine Machinet et Frédéric Baldo, ndlr). J’adore leurs accessoires, je les porte tout le temps !

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