Dans la maison traditionnelle d’un couple âgé, près de Yokohama, on s’active pour recevoir la famille. La mère et sa fille, complices, sont aux fourneaux, tandis que le père, médecin retraité, s’isole dans son bureau. Le fils, au chômage technique, arrive avec son épouse et le petit garçon de celle-ci.

Une réunion de famille, c’est un petit théâtre où tous les sentiments passent, de la tendresse à la rancœur. Kore-Eda Hirokazu, réalisateur de Nobody knows, a puisé dans son expérience personnelle pour construire cette petite merveille de délicatesse : "A la mort de mes parents, je me suis dit que j’aurais dû leur dire certaines choses. C’est ce sentiment de regret que j’ai transformé en récit, puis en film."

Ici, un simple plan suffit à montrer le vieillissement et la fuite du temps : quand le fils va dans la salle de bains et qu’il découvre le carrelage décollé, une rampe près du bain. "Les parents deviennent d’un coup des vieillards. On ressent de la peur et du malaise, car on se demande ce qui va se passer, maintenant."

Sous l’abondance d’un magnifique déjeuner dans la bonne humeur, père et fils restent murés dans l’incompréhension mutuelle, comme souvent dans la société japonaise : "J’ai mis en scène des hommes petits avec des femmes fortes, explique Hirokazu, parce que c’est comme ça que l’équilibre familial se porte le mieux ! De plus, au Japon, les hommes s’identifient souvent à leur travail : sans lui, ils ne savent plus où ils sont."

24 heures après, tout le monde rentre chez soi. Mais ces personnages touchants resteront bien plus longtemps dans un coin de votre tête.