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Mis à jour 04-08-2009 12:17

Venezuela: un nouveau pas vers la censure ?

Un projet de loi sur les "délits médiatiques" a été présenté devant l’Assemblée nationale…

Le procureur général du Venezuela, Luisa Ortega Diaz, a présenté ce lundi devant l'Assemblée nationale un projet de loi qui prévoit jusqu'à quatre ans d'emprisonnement pour les auteurs de "délits médiatiques". Le projet, intervenant trois jours après la fermeture de 34 chaînes de radio et télévision, provoque un tollé parmi les défenseurs de la liberté d'expression.

Un nouveau délit très controversé

Les Etats-Unis se disent "profondément préoccupés par la fermeture de ces chaînes de radio (et de télévision) par le gouvernement vénézuélien" et par la menace que cela représente pour la liberté d'expression.

Publié dans la presse locale, le projet de loi prévoit que la divulgation d'une information jugée "fausse", "manipulée" ou "déformée" est considérée comme un délit médiatique pouvant entraîner une peine maximale de quatre ans de prison. Idem pour les informations qui portent un "préjudice aux intérêts de l'Etat" ou constituent une atteinte à la "morale publique" et à la "santé mentale". Le gouvernement envisage aussi de sanctionner "le refus de révéler une information" et le fait "d'omettre volontairement de diffuser une information", remettant ainsi en cause le droit à la protection des sources. D'autres réformes dans le secteur, encore à l'étude, sont dénoncées par de nombreux médias privés qui craignent pour leur indépendance.

"Il s'agit de l'attaque la plus frontale contre la liberté d'expression au Venezuela depuis que (le président Hugo) Chavez est arrivé au pouvoir", dénonce le directeur pour les Amériques de l'association de défense des droits de l'homme, Humans Rights Watch (HRW), José Miguel Vivanco. Ce à quoi la ministre de l'Information, Blanca Eeckhout, rétorque qu'il ne s'agit en aucun cas de censure et que cette loi est nécessaire, "Que les médias assument les conséquences de leurs actes! Si vous commettez un délit, vous devez être sanctionné", explique-t-elle.

Divorce consommé entre Hugo Chavez et les médias

Depuis son coup d'Etat avorté de 2002, lorsque les médias d'opposition avaient occulté les manifestations en faveur de son retour au pouvoir, M. Chavez s'est montré de plus en plus méfiant. Ces dernières semaines, il a menacé la chaîne de télévision privée Globovision de subir le même sort que sa consoeur   RCTV, disparue des canaux hertziens en 2007 sur ordre du gouvernement qui lui reprochait son ton acerbe à l'égard du pouvoir. Par ailleurs, la Commission nationale des télécommunications vénézuélienne a retiré ce week-end leurs fréquences à 32 radios et deux télévisions régionales pour des raisons technico-administratives. Les licences de 200 autres stations sont également menacées. Le président Chavez parle de démocratisation d'un secteur encore trop largement concentré. Selon lui, les fréquences ont été reprises à la "bourgeoisie" afin de les rendre au peuple.

Lundi, une des directrices de la chaîne Globovision , très critique à l'encontre du président Hugo Chavez, a par ailleurs annoncé qu'un groupe armé avait lancé deux grenades lacrymogènes à l'intérieur du siège de la chaîne après avoir menacé les vigiles avec des armes à feu.

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