La vie de Damien Abad vient brusquement de s’emballer. Depuis sa désignation, la semaine dernière, comme numéro deux pour les élections européennes sur la liste UMP-Nouveau Centre du Sud-Est, une place à laquelle il est certain d’être élu le 7 juin, le centriste est débordé par les sollicitations.
Même des journalistes étrangers l’appellent. Il faut dire que sa candidature a de quoi susciter l’intérêt médiatique : à tout juste 29 ans, Damien Abad sera le benjamin du Parlement européen.
Et s’il refuse de se “laisser enfermer dans cette image”, le jeune homme, atteint d’arthrogrypose, une maladie rare qui bloque les articulations des coudes et des genoux, sera aussi le premier député français handicapé.
“Ce n’est pas la raison d’être de ma candidature, souligne-t-il, même si c’est un symbole de diversité qui montre que le fait d’être handicapé n’empêche pas de représenter les autres.”
La carte jeune d’Hervé Morin
Les places sur les listes de la majorité étaient chères, et pour imposer le président des jeunes de son parti, le chef du Nouveau Centre, Hervé Morin, a dû faire le forcing. “C’était ma priorité. Une des trois places éligibles dont je disposais selon les accords avec l’UMP devait absolument lui revenir”, insiste le ministre de la Défense.
Si Hervé Morin pousse son poulain au centre de l’arène, ce n’est pas pour le symbole. Le choix de ce maître de conférences à Sciences-Po, repéré en 2006 lorsqu’il était chargé des questions budgétaires de son groupe à l’Assemblée, s’inscrit dans une stratégie.
Le Nouveau Centre, qui a remplacé l’UDF après la scission avec le Modem en 2007, compte s’appuyer sur son jeune député européen pour en faire le pivot de sa reconstruction. “Ce n’est pas un mandat à blanc”, assure Damien Abad, pour qui “l’engagement politique des jeunes ne doit pas se résumer au collage d’affiches”.
“L’idée, explique-t-il, c’est de profiter de ma visibilité pour développer le parti, reconstruire des réseaux, attirer et repérer de nouveaux talents.” Le tout au service de l’objectif ambitieux que s’est fixé Hervé Morin : lancer une nouvelle génération d’hommes politiques aux législatives de 2012, comme Giscard l’avait fait en 1978. Un grand bain de jouvence s’annonce chez les centristes.




































