Christian Califano a débuté sa grande carrière en Bleu lors de la tournée historique du XV de France en Nouvelle-Zélande. Il a 22 ans quand il se retrouve face à Fitzpatrick et sa horde. Retour sur un exploit que peuvent réitérer les Bleus de 2009... quinze ans plus tard.
Vous étiez un des petits nouveaux du XV de France reparti victorieux de la tournée en Nouvelle-Zélande en 1994. Retrouvez-vous des similitudes avec celui qui s'est imposé à Dunedin la semaine dernière ?
Avant cette tournée, juste après le Tournoi, l'équipe de France a été vachement critiquée. Tout le monde disait que face à la Nouvelle-Zélande et l'Australie, les Bleus allaient prendre une branlée, ils sont fatigués, ils sont pas préparés. Et nous, en 1994, c'était exactement pareil. On sortait d'un Tournoi ca-tas-tro-phique, et truc incroyable, on remporte les deux test-matches. Et là, je suis convaincu qu'on va retrouver le même schéma. Je crois en cette équipe. Dans deux ans, il peut se passer quelque chose d'extraordinaire. J'attendais qu'ils aient un "match déclic", et je crois qu'on l'a trouvé. Finalement, peu importe ce qui va se passer lors des deux autres matches.
Le sélectionneur de l'époque, Pierre Berbizier, a su trouver les mots pour vous garder mobilisés. Comment ça s'est passé ?
Cette année-là, il a marqué à vie certains mecs, dont moi et la longue carrière que j'ai faite en équipe de France, c'est en partie grâce à lui (72 sélections). Je ne connaissais pas trop le personnage, c'était ma première sélection, mais les autres m'avaient dit qu'il avait un rapport très particulier, que c'était un meneur d'hommes. Il est d'une humilité incroyable. Il fait partie de mon Top 2, derrière Guy Novès (l'entraîneur du Stade toulousain).
Sean Fitzpatrick, capitaine vaincu par les Bleus, vous avez promis l'enfer après le premier test...
Il est arrivé et rien qu'à sa tête, j'ai vu qu'il ne s'en est jamais remis. Et je peux d'autant plus en parler que je le connais bien puisqu'il m'a entraîné quand je jouais à Auckland. Les All Blacks venaient juste de tordre les autres équipes du Super 14. Nous, on leur avait mis une belle addition, et je crois que les Springboks qui paient ensuite la cuenta : ils se font massacrer.





































