L'idée était audacieuse puisque inédite au Maroc comme dans l'ensemble du Maghreb. Réaliser un sondage d'opinion auprès de la population sur la popularité du roi Mohammed VI à l'occasion des dix ans de son accession au pouvoir. Bien que favorable à l'action de Mohammed VI, le ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa, a fait saisir ce samedi, avant sa sortie, le dernier numéro du magazine TelQuel et sa version arabophone, Nichane, qui avait commandé, en association avec le journal Le Monde, ce sondage, révèle ce lundi le quotidien français.
"La monarchie ne peut être mise en équation, même par la voie d'un sondage", a déclaré le porte-parole du gouvernement et ministre de la communication, Khalid Naciri.
Le roi plébiscité
Réalisé de la fin du mois de juin au début du mois de juillet dernier auprès d'un échantillon représentatif de 1.108 Marocains de plus de 18 ans, par la filiale au Maroc de l'institut français CSA, ce sondage révèle que 91% de la population jugent le bilan décennale de Mohammed VI positif (40% très positif, 51% plutôt positif contre 6% plutôt négatif et 2% très négatif), estimant avoir senti, dans leur environnement immédiat, au moins un changement notable: écoles, hôpital plus accessibles, routes plus nombreuses…
Des réserves apparaissent toutefois au sein de la population concernant l'action du roi dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et la réforme du code de la famille, l'une des grandes réformes de ces dernières années au Maroc. 37% de la population estiment, concernant la pauvreté, que la situation ne s'est pas améliorée ses dix dernières années (contre 37% qui pensent que le contraire et 24% qu'elle s'est aggravée).
La réforme du code de la famille réalisée en 2004 et qui restaure l'équité entre les femmes marocaines et les hommes en termes de mariage et de vie familiale, sauf en ce qui concerne l'héritage, est également critiquée. Ainsi, 49% de la population estiment que cette réforme donne trop de droits aux femmes, 30% qu'elle en donne suffisamment et ne doit pas évoluer et 16% jugent qu'il faut aller plus loin.
En revanche, les critiques sont moins partagées concernant l'implication de Mohammed VI dans différentes holding. 17% de la population considèrent que l'emprise du monarque sur l'économie nationale pose problème.
Preuve de l'influence du roi sur la vie des marocains, les trois quart de la population estiment que le roi est un personnage sacré révèle l'enquête.






































