Le sort des députés européens étant scellé, reste désormais à se pen­cher sur le cas du président de la Commission euro­pé­enne. José Manuel Barroso, seul candidat décla­ré à sa propre succes­sion, doit présenter ce soir les grandes lignes de son pro­gramme pour les cinq années à venir lors du Conseil européen. Il espère ainsi obtenir le soutien des dirigeants euro­péens, réunis à Bru­xelles, pour un nou­veau mandat.

L’obstacle Cohn-Bendit
En présentant les grandes lignes de son pro­gramme, José Manuel Barroso répond aux deman­des expressément formulées la semaine der­nière par le président fran­çais Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Ange­la Merkel. Les deux diri­geants avaient alors indiqué le soutenir “sans ambiguïté”, tout en réclamant de lui un programme.

Les dirigeants devraient donc, comme pré­vu par la présidence tchèque, faire de Barroso “la personne qu'ils aimeraient voir présider la Commis­sion”, mais cela ne suffira pas pour qu'il soit officiellement reconduit. Il devra encore être officiellement confirmé par un vote du Parlement européen, et c'est là qu'est désormais la principale incertitude.

La décision finale sur le calen­drier de nomination du futur président de la Commission devrait être prise après des consultations avec le Parle­ment fin juin et début juillet. Mais une partie des eurodéputés sont contre. Le diri­geant des Verts Daniel Cohn-Bendit l'a dit claire­ment cette semaine : en faisant barrage à Barroso et en retardant sa désignation, il espère “faire émerger d'autres person­nalités”. Le jeu des alliances au Parlement, en vue d’obtenir une majorité absolue, promet donc d’être âpre.