Malgré une publicité plus ou moins restreinte, les sectes n’ont jamais semblé aussi bien se porter. C’est ce qui ressort du rapport annuel rendu public hier par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Mivi­ludes). Pour son président Georges Fenech, la France compterait aujour­d’hui entre 500 et 600 mouvements sectaires, contre 172 recensés en 1995.

Gare à l’épanouissement
Selon la Miviludes, le marché de l’épanouissement personnel est une des nouvelles “niches” des mouvements sectaires. “Nous avons vu l’arrivée de pratiques douteuses qui interpellent”, expliquait hier Georges Fenech, citant des “pratiques liés à la Kinésiologie ou à l’exploitation de faux souvenirs induits”. Pour le président de la Miviludes, certaines pratiques liés à la psychothérapie sont tout aussi inquiétantes. Soulignant que l’Assemblée planche actuellement sur un amendement visant à règlementer la profession de psychothérapeute, il a ajouté hier que près d’un tiers de la profession “était probablement issu des mi­lieux sectaires”.

“Dans la société d’aujourd’hui, bien des gens éprouvent le besoin de se tourner vers des thérapies, ou des médecines alternatives, dont certaines sont plus que douteuses. Il est normal que la vigilance soit accrue”, a réagi hier Cathe­rine Picard, présidente de l’Union nationale des associations de défense des victimes des sectes (Unadfi), précisant “qu’environ un million de Français pouvaient être touchés par les dérives sectaires”. Le gouvernement promet des mesures d’actions concrètes. Alors qu’un “groupe d’appui technique” chargé d’étudier “les pratiques non conventionnelles à visées thérapeutiques” a été mis en place en février par le ministère de la santé, celui de l’éducation nationale va se pencher sur les dérives sectaires liés à l’éducation à domicile.