Graton33 : D'où est venue l'idée du commerce équitable ?
Il y a 20 ans, suite à un appel de producteurs de café mexicains qui n'arrivaient pas à vivre de leurs récoltes.
Pluo : Qui est Max Havelaar ?
C'est un personnage d'un roman hollandais du 19è qui dénonçait les conditions inacceptables des cultivateurs de café à Java.
Nolwenn : C'est quoi exactement le commerce équitable ?
C'est du commerce pour le développement. Le label Max Havelaar garantit des conditions commerciales plus justes pour offrir aux producteurs unis et rassemblés les moyens de combattre la pauvreté par eux-mêmes, de renforcer leurs compétences et de prendre en main leur propre avenir. L'idée du commerce équitable est née après la 2ème guerre mondiale; le label Max Havelaar a surtout cherché à le mettre à disposition du plus grand nombre.
Lilou : Ca sert à quoi une quinzaine du commerce équitable ?
Avant tout à faire du bruit autour du commerce équitable. C'est aussi expliquer, informer et motiver les consommateurs à s'engager dans une consommation responsable.
Laure : Que peut-on faire de simple au quotidien pour participer à l'élan mondial du commerce équitable ?
Bien sûr consommer en donnant du sens à cet acte. Mais aussi militer et s'engager pour plus de justice dans le commerce international au profit des plus fragiles.
Notre but est de proposer du commerce équitable à portée de tous les consommateurs pour un maximum de producteurs.
Poupée : Quelle est la différence entre le commerce équitable et le bio ?
Le bio et le commerce équitable sont complémentaires. Cependant les produits labellisés Max Havelaar respectent l'environnement même s'ils ne sont pas bio. Notre démarche permet aussi aux producteurs de s'engager dans la voie du bio.
Nime : De quelle façon prenez-vous en compte les enjeux environnementaux ?
Les producteurs s'engagent à gérer leurs ressources en eau, leurs sols, leurs déchets. Une liste de 120 pesticides sont interdits. Grâce au label Max Havelaar, les producteurs évoluent vers des méthodes d'agriculture bio.
EricD : Combien de producteurs sont concernés par le commerce équitable ?
Aujourd'hui, environ 8 millions de personnes qui indirectement bénéficient du commerce équitable. (8 millions, c'est en comptant les familles de 1,7 millions de producteurs).
Avrel : Quelles garanties faut-il apporter pour obtenir le label ?
Pour la marque qui travaille avec le label Max Havelaar, c'est un engagement à acheter différemment les ingrédients des produits auprès des coopératives certifiées. C'est un engagement sur la durée, avec un prix minimum garanti et une prime de développement + prime bio (si production bio). C'est également payer au bon moment (préfinancement des récoltes). Pour les producteurs, c'est un engagement d'une gestion collective, transparente et démocratique plus les engagements environnementaux que j'ai évoqué précédemment.
Gilles : Comment vous assurez-vous que des mangues non équitables ne se mélangent pas avec des mangues équitables lorsque les marques de distributeur font appel à des traders pour s'approvisionner en grandes quantités de fruits pour leurs jus ?
Comme pour toute certification, les intermédiaires (exportateurs, importateurs) sont annuellement contrôlés. On contrôle notamment la traçabilité des ingrédients et des produits. On croise ces informations avec celles des coopératives et des fabricants.
Fredo : A qui profite vraiment le commerce équitable ?
Demandez-le aux producteurs qui en bénéficient; il y en a deux qui sont ici pour la Quinzaine et je serai ravi de vous les présenter.
Five : Comment peut-on faire du commerce équitable en grande distribution alors même que les centrales d'achat de la grande distribution fonctionnent dans la logique d'imposer les prix les plus bas aux producteurs ?
Nous luttons pour un juste prix aux producteurs d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Asie depuis 20 ans ! Notre but est de proposer du commerce équitable à portée de tous les consommateurs pour un maximum de producteurs. On parle de 8 millions alors que la FAO estime à 800 millions de personnes qui vivent de l'agricole avec moins de 3 dollars par jour ! Pour autant, notre garantie est sans compromis et c'est les mêmes règles pour tous; c'est les mêmes contrôles.
Domidamb : Bonjour, certains producteurs ne risquent-ils pas d'être bloqués au Mexique à cause de la grippe porcine ?
C'est le cas pour Miguel Angel Munguia, producteur de Miel qui n'a pas pu nous rejoindre pour cette 9ème Quinzaine du commerce équitable.
catherine68 : Dans une période de crise comme celle que nous traversons, en quoi le commerce équitable est-il utile aux populations du sud ?
C'est plus que jamais d'actualité ! La crise alimentaire de 2008 doublée de la crise financière a particulièrement affecté les populations agricoles des pays du Sud. Concrètement, les prix des produits alimentaires ont doublé alors que le revenu agricole n'a pas suivi. Moins de crédits des banques locales pour les récoltes. Le commerce équitable propose un prix minimum garantie (filet de sécurité) et assure une stabilité des revenus, particulièrement pertinent en période de crises.
Rose : Quel est le plus gros problème des petits producteurs ? La concurrence des multinationales ?
Le plus gros problème des petits producteurs est de survivre, en particulier en période de crise. Face aux marchés internationaux, il faut les appuyer pour qu'ils s'organisent et se défendent. Ils ont un véritable problème d'isolement et d'exclusion du marché.
Soumo : Y a-t-il du commerce équitable avec des producteurs français ou européens ?
Comme je le disais tout à l'heure, notre défis c'est d'arriver à faire bénéficier du commerce équitable les familles agricoles qui souffrent de la pauvreté. C'est une démarche qui met des règles au marché en faveur de l'homme et de l'environnement. C'est complémentaire de démarches solidaires comme les AMAP (panier bio directement acheté aux producteurs près de chez nous).
Lilas : Que pensez-vous de la possibilité de créer un label officiel (français ou européen) comme pour l'agriculture bio ? Max Havelaar disparaîtrait dans ce cas ?
Nous sommes totalement pour un label européen de commerce équitable à condition que ce ne soit pas un label au rabais et qui soit défini en collaboration avec les producteurs du Sud comme le label Max Havelaar et pas imposé par le Nord.
Rose : Dans le commerce équitable, les producteurs sont payés plus... Font-ils ce qu'ils veulent de cet argent ou bien cette aide passe-t-elle par la construction de crèches, hôpitaux ?
Ils sont souvent payés plus et surtout payés sur la durée permettant une stabilité économique. Il y a bien sûr dans le label Max Havelaar la prime de développement; les producteurs décident eux-mêmes de manière démocratique de son utilisation, que ce soit pour des dispensaires, des écoles ou des installations qui permettent de transformer leurs récoltes.
John : Quels sont les principaux abus du commerce équitable ?
Les abus, ils sont dans le commerce conventionnel. Dans le commerce conventionnel, c'est souvent un prix qui ne couvre pas les coûts de production ni parfois le minimum vital. Il est vrai qu'aujourd'hui des entreprises pourraient se réclamer abusivement du commerce équitable sans offrir de garanties.
Gourou : Quand pourra t'on espérer des produits équitables aussi intéressants niveau prix que les autres ? Moi pour l'instant, c'est ça qui me rebute...
Aujourd'hui, le commerce équitable est de plus en plus accessible. Par exemple sur le café, il y en a pour tout les goûts et tous les prix (cafés gourmets, marques nationales, marques de distributeurs et aujourd'hui hard discount). Le consommateur peut choisir un produit à un prix qui lui correspond comme pour tout produit.
Paysous : Quelle est la position de Max Havelaar sur la PAC ?
Je ne suis pas spécialiste de la PAC. Les produits agricoles ne sont pas des biens comme les autres. Les enjeux sont de nourrir la planète et de produire en respectant davantage l'environnement. Les subventions doivent aider les producteurs d'ici sans léser ceux de là-bas. Nous sommes pour que les prix de certains produits agricoles à fort enjeux politique (nourrir la planète et environnement) soient régulés au niveau international.
Ridule : En dehors du label Max Havelaar, pourriez-vous citer d'autres labels auxquels on peut se fier ?
Sur le commerce équitable ? Sur le bio ? Sur des démarches éthiques ?
Clicissime : C'est vrai que les distributeurs (supermarchés etc.) profitent du commerce équitable pour se faire de plus grosses marges ?
Au quotidien, ce n'est pas ce que je constate; c'est les mêmes marges que pour tout autre produit que vous achetez ! Pour autant, sur certains produits, nous sommes au début de la consommation commerce équitable et les volumes sont encore faibles donc avec des coûts plus élevés.
Merci pour ces échanges riches et intéressants. Faisons en sorte ensemble que le commerce soit plus juste et pas juste du commerce. Pour poursuivre ces débats, je vous donne rendez-vous pour boire un café autour d'un petit déjeuner équitable le 9 mai dans toutes les grandes villes de France ainsi qu'aux différents évènements de la Quinzaine. Cliquez sur : http:quinzaine.maxhavelaarfrance.org





















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