Comment expliquez-vous la baisse des prix payés aux producteurs laitiers ?
Elle est liée à plusieurs phénomènes. D’abord, le recul des exportations françaises. Ensuite, même si on consomme quasiment toujours autant de lait en France, le fait que les consommateurs se détournent des produits à haute valeur ajouté, comme les yaourts haut de gamme. Les entreprises agroalimentaires font moins de marge et ont tendance à le répercuter sur les producteurs. Plus généralement enfin, le partage des marges tend à s’améliorer pour les transformateurs, au détriment des producteurs.
Aujourd’hui, beaucoup d’exploitations laitières sont menacées ?
C’est difficile de dire combien sont dans le rouge, mais il est sûr qu’une part importante a des problèmes de trésorerie. Les prix n’ont jamais été aussi bas, et les exploitations sont aussi fragilisées par l’augmentation des coûts de production (engrais, aliments du bétail…). Mais la crise ne serait pas si violente si on n’avait pas tant de doutes sur la manière dont on va orienter le secteur. Avec la fin des quotas, les agriculteurs ont le sentiment que la crise qu’ils subissent est liée à un désengagement de la puissance publique dans la régulation du secteur.

































