Les producteurs de légumes sont en colère. Ce mercredi matin tôt, une centaine de représentants de la filière venus de la France entière ont bloqué deux entrepôts du groupe Carrefour (Ed et Carrefour Market) en Région parisienne. Ils souhaitaient interpeller les acheteurs sur la faible présence de produits d'origine française. "Sur place, nous avons pu confirmer les repérages faits dans les magasins : il y  a beaucoup de produits d'importation, y compris pour les produits en pleine saison en France", affirme Bruno Scherrer, directeur de la Fédération des producteurs de légumes de France.

Pour les agriculteurs, c'est la goutte qui fait déborder le vase. Ils ont "saccagé les produits qu'il y ont trouvé" et "entravé la livraison en cours des produits destinés aux magasins" a regretté Ed. L'enseigne réplique que "l'approvisionnement auprès de producteurs français et locaux est une priorité" et que, par exemple, "100% des cerises sont issues de production française, ainsi que 70% des fraises et 50% des tomates".

"Ce sont des menteurs, s'indigne Jacques Rouchassé, maraîcher dans la Marne et secrétaire général de la fédération. Dans l'entrepôt d'Ed on a trouvé à peine 2% de produits issus de l'agriculture française - quelques tomates de Bretagne et des carottes nantaises". Le reste vient d'Espagne, du Maroc, des Pays-Bas… du Brésil. La fédération dénonce une politique des prix les plus bas qui met les agriculteurs en concurrence avec des productions qui ne respectent pas les mêmes normes sociales et environnementales, et qui ne serait pas répercuté sur les prix en magasin. Enfin, "il ne faut pas oublier que la filière légumes, ce sont 200 000 emplois en France", souligne Bruno Scherrer, qui craint leur "délocalisation", vers des pays où la main d'œuvre est moins chère et où les contraintes environnementales moins sévères.