Le contexte économique et les tensions sociales continuent d’affecter l’exécutif. D’après le baromètre Me­tro-Krief Group réalisé par OpinionWay du 9 au 14 mai, les cotes de popularité de Nicolas Sarkozy et de Fran­çois Fillon fléchissent. Le chef de l’Etat perd un point, à 41% de satisfaits. La chute est encore plus marquée pour son Premier ministre, qui tombe à 43% de satisfaits (- 3) pour 52% de mécontents (+ 5).

Sarkozy au plus bas
C’est son niveau le plus bas jamais enregistré. Mais, para­doxalement, François Fillon peut garder le sourire. Au moment d’entamer la troisième année de son mandat, son image reste relativement bonne.

"A ce stade, il est bien plus populaire que ne l’étaient ses prédécesseurs de droite, Juppé, Raffarin ou Villepin”, note Bruno Jean­bart, directeur des études politiques d’Opi­nionWay. Surtout, le Premier ministre, dont les jours à Matignon semblaient compter il y a encore quelques mois, garde toute sa légitimité.

Deux Français sur trois soutiennent Fillon
Interrogés sur le fait de savoir s’ils souhaitent qu’il reste à son poste à l’issue du remaniement annoncé après les européennes, deux Fran­çais sur trois répondent oui. A droite, c’est un véritable plébiscite : on souhaite à 92% que François Fillon soit confirmé dans ses fonctions.

Et même 44% des sympathisants de gauche le soutiennent : “Ils se disent que c’est peut-être le moins mauvais choix possible, que sa personnalité mesurée corrige les excès de Nicolas Sarkozy”, explique Bruno Jeanbart.

Le capitaine emporte l’adhésion mais son bateau prend l’eau. Glo­balement, la popularité du gouvernement est à la baisse. Les ministres en prise avec des mouvements sociaux, en particulier dans l’Education (Xavier Darcos -2, Valérie Pécresse -5), sont en difficulté. Seuls Bernard Kou­chner et Hervé Morin, dont les ministères régaliens, les Affaires étrangères et la Défense, sont les moins exposés aux vicissitudes économiques et sociales, ont un taux de satisfaction à la hausse.

“Nouveau souffle” attendu
Dans ce contexte d’usure générale, la question d’un renouvellement de l’équipe se pose avec acuité. Après les départs attendus de Michel Barnier et de Rachida Dati pour Strasbourg, faut-il remodeler le gouvernement par “ajustements” ou procéder à un remaniement en profondeur ? A 42%, les Français penchent pour la seconde option.

“Il y a clairement nécessité d’injecter un nouveau souffle, analyse Bruno Jeanbart. Les nouvelles tête qui sont apparues dernièrement, type Besson ou Devedjian, ont une visibilité médiatique faible et n’ont pas suffi à renouveler l’image de l’équipe gouvernementale.” Sarkozy et Fillon sont prévenus : les Français attendent de grandes manœuvres.