Après de longues années d’optimisme, les employeurs franciliens plongent à leur tour dans l’incertitude. Selon l’enquête de besoins en main-d’œuvre dévoilée hier par Pôle em­ploi, et réalisée auprès de 300 000 entreprises, les intentions d’embauches diminuent de 18% dans la Région en 2009, soit 238 381 intentions contre 290 000 en 2008. Et ce, alors que l’emploi salarié n’a cessé de croître jus­qu’à la fin de 2008 (+ 0,3%), contrairement à la moyenne nationale (- 0,4%). “Le volume d’embauches demeure im­portant, tempère Benoît Merckelbagh, directeur administratif et financier à Pôle emploi. Ce qui frappe, c’est surtout la soudaineté du repli, révélatrice de l’incertitude.”

Les secteurs les plus affectés : les cadres commerciaux, les ingénieurs et cadres d’études et de recherche ainsi que les métiers de la vente et de la construction. “Mais il s’agit aussi des secteurs les plus demandeurs, insiste Benoît Merckelbagh. Pour eux, les années 2005-2008 ont été très fastes”.

La Région résiste
La crise, qui touche surtout l’industrie, reste modérée en Ile-de-France, où 87% des em­plois sont liés au tertiaire. Certains métiers, pour lesquels le recrutement est dif­ficile en raison de leurs contraintes, resteront même dynamiques. En tête, les employés de maison et assistantes maternelles (8 881 intentions d’embauches), le gardiennage et la sécurité (7 131), les représentants (5 178), les aides-soignants (4 334) et les cuisiniers (4 193). En outre, les emplois très qualifiés demeurent très porteurs : ainsi, 24 118 intentions concernent les ingénieurs et cadres de l’informatique.

Autre point positif : “La génération du baby-boom arrive à la retraite, observe Thomas Audigé, directeur adjoint de Pôle emploi Ile-de-France. L’effet va s’en ressentir entre 2009 et 2011, avec un besoin croissant, notamment de ca­dres commerciaux et d’agents de sécurité.”