Pourquoi la proposition de loi UMP est-elle dangereuse selon vous ?
Jean-Marc Ayrault (PS). Tout le monde pensait que ce nouveau texte serait à minima, qu’il règlerait simplement les situations de fait, comme à Plan de Campagne, à côté de Marseille, où on travaille le dimanche malgré l’interdiction. Or c’est une proposition de loi beaucoup plus grave avec des dispositions supplémentaires qui concernent les communes de type touristique.
Il y en a potentiellement 6 000 en France selon les chiffres du ministère du tourisme. Si le texte demeure en l’état, le travail le dimanche n’y sera plus à titre exceptionnel et sur la base du volontariat, mais de plein droit. Le salarié qui refuserait de s’y soumettre pourrait être licencié. Avec cette extension du travail le dimanche, le modèle social français serait atteint dans son cœur.
Vous dénoncez aussi une inégalité de statut pour les salariés du dimanche…
Ceux qui travaillent déjà le dimanche ne bénéficieraient pas des avantages que le texte prévoit pour certains cas, Plan de campagne et quelques autres. Beaucoup de ces salariés ont réagi en nous disant : « si certains sont payés double le dimanche, nous demandons aussi à l’être ». Cela pose des problèmes d’égalité constitutionnelle. Le texte de l’UMP est brouillon, mal fait, mais il a des conséquences sociales graves. C’est une escroquerie sociale.
Pour vous, c’est un choix de société qui va être débattu cette semaine ?
Je le crois. La banalisation du repos dominical, c’est un choix de société. Le dimanche, beaucoup de Français veulent consacrer du temps à leur famille, à la vie associative, culturelle, et même cultuelle.
Vous avez écrit aux députés UMP. Comment ont-ils réagi ?
Ca a jeté le trouble au sein de la majorité. Beaucoup de députés UMP me l’ont dit à titre individuel. J’espère que ce texte ne sera pas voté tel quel. La majorité a encore le temps de se ressaisir.




































