Après Toulon, Orange ou Vitrolles dans les années 1990, le Front national va-t-il conquérir une nouvelle ville ? Hier soir, lors du premier tour de l’élection municipale d’Hénin-Beau­mont (Pas-de-Calais), la liste du parti d’extrême droite, sur laquelle Marine Le Pen figure en deuxième position, est arrivée en tête avec 39,34% des voix. Elle devance le divers gauche Daniel Du­quenne (20,19%) alors que le PS Pierre Ferrari, soutenu par le PCF et le Modem. n’arrive que troisième (17,01%).

Alliance probable à gauche
Mais si le FN vire en pole position à l’issue de ce premier tour, ses chances de remporter la mairie sont minces : alors que la semaine dernière, un sondage de La Voix du Nord le donnait vainqueur en cas de triangulaire, Pierre Ferrari et Daniel Duquenne ne devraient pas prendre ce risque. Ils ont laissé entendre hier qu’ils allaient faire cause commune pour le second tour.
Pour Marine Le Pen, l’espoir reste néanmoins entier. C’est à Hénin-Beaumont que le FN a réalisé son meilleur score au niveau national lors des élections européennes de juin (28% des voix). Dans cette ancienne cité minière de 26 000 habitants, où le chômage frôle les 19%, la vice-présidente du FN a trouvé les conditions idéales pour espérer effacer les récents échecs électoraux de son parti et poser les bases de la reconquête.

Elle a surtout pu compter sur un climat local délétère et sur les divisions de ses adversaires : pas moins de cinq listes de gauche, sur un total de neuf, étaient en lice pour le premier tour de ce scrutin organisé après l’incarcération du maire socialiste pour détournement de fonds et clientélisme présumé. Le FN a d’ailleurs fait des déboires judiciaires de Gérard Dalongeville son principal argument électoral. La campagne a jusqu’ici été marquée par une surenchère d’attaques et d’invectives entre la gauche et le FN. La bataille s’annonce âpre au second tour.