C’est un phénomène marginal mais qui fait beaucoup, beaucoup de bruit. Les femmes qui, en France, portent la burqa ou le niqab – ces voiles qui couvrent tout leur corps, visage compris - seraient quelques milliers, tout au plus. Mais depuis qu’André Gérin, député communiste et ex-maire de Vénissieux, s’est ému de leur présence sur le marché de sa ville, la question a investi le champ politique.

Hier, une mission d’information parlementaire a été lancée sur ce « problème minoritaire mais pas anecdotique », selon son rapporteur Eric Raoult (UMP). Composée de 32 membres (17 UMP, 11 PS, 2 Gauche démocrate et républicaine, 2 Nouveau centre), cette mission est présidée par André Gérin.

Elle doit, ces six prochains mois, « recenser ces femmes et comprendre ce que le voile intégral représente pour elles. Est-ce la marque de leur intégrisme religieux ou la volonté de chasser les regards concupiscents ? », poursuit Eric Raoult.

La mission, qui se réunira tous les mercredis et commencera ses auditions la semaine prochaine, pourrait aboutir à une proposition de loi visant à interdire le port du voile intégral « s’il s’avère que c’est une provocation anti-identité », selon le député. « Mais on pourrait aussi conclure en disant que l’on s’est trompé sur la signification de cette tenue, ou reprendre la bonne idée de Jean-François Copé ».

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a suggéré samedi que des « femmes relais » dialoguent avec les femmes en burqa et leur mari… et leur suggèrent de retirer leur voile intégral. Le rôle de ces médiatrices est normalement d’accompagner les habitants -le plus souvent issus de l'immigration mais pas seulement -, dans leurs démarches administratives.

Nombre d’entre elles ont déjà crié à l’instrumentalisation et dit leurs réticences à intervenir dans ce débat hautement politique. Le 22 juin, le chef de l’Etat avait déclaré devant les parlementaires réunis en Congrès que la burqa n’est « pas la bienvenue sur le territoire français » car ce « signe d'asservissement (…) n'est pas un problème religieux, mais un problème de dignité de la femme ». Ce à quoi la branche maghrébine d’Al-Qaida a répondu mercredi en menaçant la France, « mère de tous les maux », de vengeance.