Au lendemain de leur marche dans le calme, les partisans de Mir Hossein Moussavi, avertis via Inter­net, se sont à nouveau rassemblés hier à Téhéran. Malgré l’interdiction, plusieurs dizaines de milliers d’Iraniens ont défilé dans le silence pour protester contre la réélection du président Ahmadinejad.

“Une protestation calme”
“Nous souhaitons une protestation calme contre la manière malsaine dont a été tenue l'élection” a lancé le candidat malheureux. Malgré ce retour au calme précaire, le pouvoir en place a de son côté accentué la pression. Plusieurs responsables politiques, analystes et journalistes réformateurs ont été arrêtés et Téhéran s’en est une nouvelle fois pris aux médias étrangers.

Les journalistes ont, depuis mardi, l'interdiction de couvrir les manifestations “illégales” ou tout événement ne figurant pas “au programme” du ministère de la Culture. Téhéran les a accusés hier d’être les “porte-parole” des “émeutiers”. Hier, seules de brèves images de la manifestation ont été diffusées par la télévision d'Etat.

Ces mesures laissent "présager un renforcement de la répression", a dénoncé l'organisation de défense Reporters sans frontières. Le Conseil des gardiens de la Constitution, qui examine la requête de Mous­savi, doit donner un avis sur un nouveau dé­compte au plus tard diman­che. D’ici là, les opposants sont bien décidés a pesé de tout leur poid.