Bonjour à tous.

Lila: Bonjour. Quelles sont vos propositions phares ?
Bonjour Lila, l'Europe doit agir en commun pour répondre à la crise. Or, aujourd'hui, c'est le chacun pour soi ; les prévisions sont très mauvaises en termes de destructions d'emplois par exemple. Nous voulons un plan de relance européen, pour soutenir les PME, soutenir les ménages et les personnes les plus en difficulté, et préparer l'avenir (transports propres et remise aux normes de tous les bâtiments publics en Europe).

Boule : Pourquoi d'après vous l'Europe est-elle perçue comme un boulet ?
Pour au moins trois raisons : en France, les gouvernants, qu'ils soient de droite ou de gauche, ne cessent de faire de l'Europe le bouc émissaire de tout ce qui va mal. Deuxième raison : les citoyens n'ont pas de levier pour peser sur les choix européens ; ils ont le sentiment que les décisions se prennent sans eux. Il faut que cela change aussi. Dernière raison : l'Europe ces dernières décennies a fait avancer ce qu'on appelle "le marché" avec la libre circulation des hommes, des biens, des services et des capitaux ; il faut maintenant qu'elle soit aux côtés des Européens.

Oups : De quelle action êtes-vous le plus fier de votre bilan de député européen ?
J'ai créé un programme qui s'appelle Erasmus Mundus et qui permet aux étudiants étrangers à l'Europe de venir suivre un cursus universitaire chez nous, dans au moins trois universités de trois pays différents avec des bourses conséquentes. Nous le faisons notamment pour attirer en Europe des étudiants qui aujourd'hui, vont trop souvent, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie. J'ai eu aussi la responsabilité d'un autre rapport sur la lutte contre la pédopornographie sur Internet. Ce rapport a débouché sur de nombreuses législations en Europe pour protéger les enfants.

eb92 : Bonjour Marielle, qu'en est-il de la proposition du MoDem de taxer les flux boursiers européens en fonction de la durée de l'investissement ?
Si nous voulons réguler et mettre fin à l'ultra financiarisation, il faut mettre en œuvre une logique différente de celle du passé, c'est à dire privilégier la logique de long terme, plutôt que du court terme. Il y a un instrument pour le faire, c'est la taxation qui permet de penser le développement économique de manière plus durable.

Melchior : Etes-vous pour ou contre la défense de nos services publics ? Qu'avez vous fait pour cela ? Que proposez-vous ?
Je suis pour la défense des services publics. Dans le monde de plus en plus difficile qui est le nôtre, on a besoin de lien, de solidarité et d'entraide. C'est pourquoi, il faut à tout prix maintenir des services publics de proximité, disponibles pour tous. Il y a en particulier en France une tradition de services publics ; il faut la développer et essayer de la promouvoir au sein de l'Union européenne. Et c'est pourquoi nous nous engageons lors de la prochaine législature à tout faire pour obtenir une directive cadre sur les services publics, pour que la logique de services publics l'emporte sur la seule logique de la concurrence.

Nous ne voterons pas pour Barroso parce qu'il n'est pas un bon président de Commission.

Triche : Vous vous défendez des accusations du PS qui relèvent que vous avez toujours voté à Strasbourg aux côtés des ultralibéraux et de l'Ump... Pourtant les faits sont là...
C'est faux et c'est facilement vérifiable : il suffit d'aller sur le site du Parlement européen, qui enregistre tous les votes de tous les députés. Depuis 1999, nous députés démocrates, avons régulièrement voté, par exemple sur la question des services publics, de la même manière que les Socialistes européens. Mais il est vrai que sur ces questions, souvent, les socialistes français ont émis un vote encore différent de leurs collègues. ! Le PS dit n'importe quoi.

Sylvanus : Avec l'ouverture des frontières, la libre circulation des personnes et des capitaux... la criminalité organisée ne cesse d'augmenter. Quelles sont vos propositions pour y remédier ? Quelle est votre position sur les paradis fiscaux, la même que celle de votre groupe politique au Parlement européen ?
Nous voulons en finir avec les paradis fiscaux, dans le monde et en Europe. Et pour cela, il suffit de prendre une décision claire : ne plus accorder la possibilité de s'installer aux banques qui auraient des rapports avec les banques dans les paradis fiscaux. Sur la criminalité organisée, nous proposons de créer un parquet européen pour lutter contre le crime organisé en Europe, et de renforcer la coopération policière, en même temps que la coopération judiciaire.

Sylviane Fort : Le droit du travail en France peut-il permettre de faire du télétravail pendant un congé maladie ? L'Europe n'est-elle pas là pour mettre des garde-fous pour éviter ce genre de chose ?
Oui ! L'Europe est là pour mettre des garde-fous. Par exemple nous avons voté ces derniers mois un texte qui fait passer le congé maternité de 14 semaines à 18 semaines. Quant à la proposition de loi de l'UMP, c'est tout simplement inacceptable, et c'est évidemment une régression sociale.

PierreDrac : Avec la crise du lait et la colère des producteurs, n'est-ce pas la preuve que le modèle actuel de l'Union européenne est en crise ? Que propose le MoDem ?
D'abord les producteurs de lait ont raison de manifester et le gouvernement français a eu tort d'enterrer l'accord interprofessionnel entre industriels et producteurs de lait, qui permettait chaque année de passer un accord sur le prix du lait. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que le prix de revient d'un litre de lait est d'environ 25 centimes. Hier, les producteurs le vendaient à 28 centimes, aujourd'hui, ils le vendent à 21 centimes. Par ailleurs, nous souhaitons, nous au Mouvement Démocrate, le maintien des quotas laitiers. C'est la seule façon de soutenir une agriculture de petites ou moyennes exploitations, ce qui fait la force de notre modèle français. Et de ce point de vue là, ça touche à la question du modèle que nous voulons. Est-ce que nous voulons des grandes "usines à lait" comme en Grande Bretagne ou bien est ce que nous voulons préserver un tissu d'exploitations plus humain. C'est donc un combat très important qui va se mener dans les prochaines années, et en particulier au Parlement européen.

Michin : Que pensez-vous des déclarations de Daniel Cohn Bendit en Italie, appelant les Verts à regarder sur leur droite ? Quand on connait la droite italienne.....
C'est assez saisissant d'imaginer que les Verts français pourraient cautionner ce type d'accord avec Berlusconi et ses alliés. En tous les cas, en ce qui nous concerne, nous sommes nous les alliés des Démocrates italiens (au sein des Démocrates européens) qui sont dans l'opposition à Berlusconi.

Jeanpierre : Beaucoup de personnes sont parties du MoDem, on se dit que ce n'est peut-être pas sans raison… François Bayrou est-il difficile à vivre ?
Ceux qui ont quitté l'UDF l'ont fait pour rejoindre l'UMP et soutenir le pouvoir actuel. Ceux qui ont créé le MoDem ont par contre défendu une position tout à fait différente et plus originale dans la vie politique française. Nous sommes un parti libre, autonome, indépendant, et au fond la seule force politique française de renouvellement.

PierreDrac : Que propose le MoDem pour palier au déficit démocratique de l'Europe ?
Nous proposons que pas une décision européenne ne puisse être prise sans qu'elle ait fait l'objet d'un débat préalable au moins trois mois avant dans chacun des pays qui forment l'Union européenne. L'Europe, ce n'est pas une affaire de politique étrangère, ce n'est pas "Bruxelles". L'Europe c'est nous les citoyens et c'est pourquoi il faut que désormais les citoyens soient associés à chacune de ses décisions. Nous proposons d'ailleurs une décision toute simple, qui ne coûte rien : que les Conseils européens soient filmés et que les délibérations soient publiques. Ainsi on verrait ce que chaque Etat dit, défend ou propose (ce qui éviterait le double langage trop souvent utilisé). Voilà deux propositions très simples à mettre en œuvre pour que la démocratie progresse en Europe.

Béné : François Bayrou profite de la campagne pour mettre en avant son livre et se placer pour les Présidentielles. N'est-ce pas par là renvoyer les questions européennes au second plan franchement ?
François Bayrou est un européen convaincu depuis toujours. Et c'est un homme politique qui ne dissocie pas la France de l'Europe. C'est justement ce qui fait la force de son engagement pour défendre un nouveau modèle de développement européen, plus équilibré, plus humain. Pour la France, comme pour l'Europe. Quant à tous ceux qui s'imaginent qu'il faut parler d'Europe sans jamais parler de la France, tout cela concourt à augmenter la fracture qui s'est développée entre les citoyens et l'Union européenne.

Jalil : Si vous êtes réélue, pour qui voterez-vous pour la présidence de la Commission ?
Nous l'avons annoncé depuis le début de cette campagne, nous ne voterons pas pour Barroso parce qu'il n'est pas un bon président de Commission. Pendant la crise, il n'a fait aucune proposition pour sortir l'Europe des difficultés dans laquelle elle se trouve. Pour que l'Europe pèse, elle a besoin d'un président de Commission fort, libre et indépendant par rapport aux chefs d'Etat et de gouvernement. Ce n'est pas le cas de Barroso. C'est pourquoi nous Démocrates avons proposé la candidature de Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge qui aurait du être à la tête de la Commission il y a cinq ans, s'il n'avait pas été empêché par les Britanniques pour la seule raison qu'il était trop pro-européen.

Turkmen : Quelle est votre position sur l'entrée de la Turquie dans l'Europe ?
Je souhaite qu'on parle de cette question de façon nuancée et je ne trouve pas responsable, notamment de la part de l'UMP, d'agiter cette question comme un chiffon rouge, au risque d'exacerber les passions à la veille d'une échéance électorale. Par ailleurs, je souhaite défendre l'idée d'une Europe politique forte. Et pour cela, il faut que l'Europe ait des frontières. Et c'est pourquoi je ne suis pas favorable à un élargissement sans limite, et donc à la Turquie. Enfin, en tout état de cause, il est important de noter que la Turquie ne respecte pas les critères qui sont exigés pour son adhésion notamment dans le domaine de la démocratie et des droits de homme et au moins dans 4 domaines : son code pénal, la non reconnaissance du génocide arménien, le non respect de l'identité kurde et enfin l'occupation d'une partie d'un pays membre de l'Union européenne : Chypre.

Kev : Faut-il selon vous interdire Dieudonné et sa liste antisioniste ?
Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, l'avait annoncé mais n'a trouvé par la suite aucun fondement juridique pour le faire. La meilleure réponse aux propos véhiculés par ce candidat serait un très faible nombre de votants. J'espère que ce sera le cas.

CorinneRoche : Que proposez-vous comme réponse à la crise ? Pensez-vous que l'idée d'un grand emprunt soit la solution ?
Nous proposons depuis plusieurs mois qu'il y ait un plan de relance européen et je regrette que cela ne soit toujours pas le cas. C'est la seule façon de renouer demain avec la croissance en Europe. Agir séparément nous affaiblit. Agir ensemble nous renforcerait.

Noel : Bonjour. Quelles sont vos ambitions pour ces élections ?
Faire élire les meilleurs députés européens possible, et de ce point de vue là, le Mouvement Démocrate présente des hommes et des femmes de tous horizons et de grande compétence : je pense à Sylvie Goulard, présidente d'une grande association européenne, à Jean-François Kahn, Corinne Lepage, Robert Rochefort, directeur du CREDOC, Jean-Luc Bennahmias ou à Jean-Marie Beaupuy. Peser les cinq prochaines années pour que l'Europe soit plus attentive aux Européens et plus démocratique. Et enfin que les Français profitent de ces élections pour envoyer un message de demande de renouvellement pour la vie politique française et pour la vie politique européenne en votant pour le Mouvement Démocrate.

Au revoir à tous, merci de ce moment passé ensemble. Pour continuer le débat, retrouver toutes nos propositions et notre campagne sur le site http:europe.lesdemocrates.fr Amicalement, Marielle de Sarnez