Près de 17 millions d'Afghans sont appelés ce jeudi à élire leur président et leurs représentants aux conseils provinciaux. Les talibans avaient considérablement intensifié les violences ces derniers jours, appelant à boycotter un scrutin qualifié d'"imposture orchestrée par les Etats-Unis". Les représailles ne se sont pas fait attendre.
Des menaces à exécution
Ce jeudi, la journée a été ponctuée de tirs de roquettes et d'explosions de bombes dans de nombreuses villes afghanes. Ces attaques n'ont pas perturbé le scrutin outre mesure, car les bureaux de vote ont été épargnés, selon les autorités. Deux rebelles ont été tués lors d'une fusillade à Kaboul et un troisième arrêté, quelques blessés sont à déplorer par ailleurs. Selon le ministère de la Défense, 10.000 soldats sont mobilisés dans la capitale afghane.
Dans le reste du pays, des tirs de roquettes ont été signalés dans plusieurs districts, faisant des dizaines de blessés. Dans le sud, où l'insurrection islamiste est très active, "des bombes artisanales ont été trouvées sur les routes, des roquettes ont été tirées, mais les forces de sécurité ripostent", selon le porte-parole de la mission de l'ONU en Afghanistan, Aleem Siddique. En outre, dans les provinces de Helmand et Kandahar, berceau des talibans, plus de 130 bureaux de vote sont restés fermés.
Les enjeux du scrutin
Les électeurs afghans doivent élire leur président, mais aussi renouveler les 34 conseils provinciaux, soit 420 sièges, pour lesquels 3.197 candidats se sont inscrits, dont 328 femmes.
Porté au pouvoir fin 2001 avec le soutien des Etats-Unis, puis élu en 2004, Hamid Karzaï, président sortant, est le favori du scrutin présidentiel. Il pourrait toutefois, selon les analystes, être contraint à disputer un deuxième tour face à son ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, ancien compagnon de route du commandant Massoud.
Le président a voté sous très haute protection une demi-heure après l'ouverture du scrutin et a demandé à " tous les Afghans de venir voter, pour décider d'un avenir meilleur pour le pays".
Pour ces troisièmes élections depuis la chute des talibans fin 2001, après la présidentielle de 2004 et les législatives et provinciales de 2005, la participation sera un élément clé, surtout dans les régions sud, bastions talibans.
Les premiers résultats sont attendus samedi, à l'heure de Kaboul.





































