Les Français déclarent, à 59%, renoncer à un achat qui ne leur apparaît pas respecter l’environnement. C’est quelque chose que vous vérifiez ?
Oui, effectivement. C’est une tendance importante que l’on observe dans les magasins. Il y a un certain nombre de produits qui pâtissent de la sensibilité accrue des consommateurs pour l’environnement. Et la désaffection est d’autant plus forte que le produit est perçu comme cher. Ainsi, le marché des lingettes a reculé d’environ 10%. Même chose, mais dans une moindre mesure, pour les eaux minérales, dont le marché a reculé d’environ 5%.


Comment cela se traduit-il dans les grandes surfaces ?
Cela devient une préoccupation de plus en plus centrale pour les magasins, qui doivent trouver une manière claire, simple et vérifiable d’informer le consommateur. C’est très simple pour certains labels, comme le bio par exemple, qui connaît une progression annuelle de plus de 230% et qui a désormais dépassé le 1% de l’ensemble des ventes alimentaires. Reste à trouver une manière d’étendre le dispositif à certains produits.

Comment allez-vous vous y prendre ?
Nous expérimentons, en partenariat avec l’Ademe et en liaison avec les industriels, un étiquetage carbone une évaluation des impacts environnementaux sur trois cents produits. A terme, nous voulons mettre en place des rayons pilotes avec ces produits qui afficheront leur bilan carbone et leur bilan écologique. Mais c’est compliqué à mettre en œuvre. Et surtout, il faudra que cette expérience soit généralisée et étendue à toutes les enseignes. C’est comme pour les sacs de caisse : une enseigne ne peut se lancer seule. Cela la désavantagerait. Et l’avantage environnemental ne doit pas peser sur le prix, au contraire. Il nous faut des produits plus verts et moins chers.