“Provocation pure et simple” pour la CGT, “acharnement thérapeutique” pour la CFTC, “hors sujet” dans le contexte de crise selon la CFDT

A quelques jours du 1er-Mai, la volonté du gouvernement de rouvrir le dossier du travail dominical fâche les syndicats. François Fillon l’a confirmé hier, une nouvelle proposition de loi sur l'extension du travail du dimanche sera présentée “avant l’été” au Parlement.

“Nous voulons que dans les zones touristiques, dans un certain nombre de secteurs où d'ailleurs souvent les salariés le souhaitent, la possibilité de travailler le dimanche soit offerte”, a déclaré le Premier ministre.

Si cette annonce risque d’alimenter les mécontentements dans les défilés de vendredi, elle va à coup sûr agiter encore la classe politique, dans l’opposition comme au sein de l’UMP.

Clivage dans la majorité
Car, en revenant à la charge sur ce dossier explosif, cher à Nicolas Sarkozy mais qui partage les Français, le gouvernement passe outre aux divisions de ses troupes. Si le texte avait été enterré après des discussions houleuses à l’Assemblée en décembre, c’est officiellement à cause des milliers d’amendements (7 400) déposés par l’opposition.

Mais c’est surtout à cause de la trop faible mobilisation et de la trop forte contestation dans les rangs de la majorité. En novembre dernier, une soixantaine de ses députés (UMP, Nouveau Centre et MPF) avaient ainsi publié une tribune dans Le Monde pour protester contre l'extension du travail dominical.

Hier, la députée du Haut-Rhin Arlette Grosskost, alors même qu’elle accompagnait François Fillon dans son déplacement à Mulhouse, a dénoncé devant les journalistes une “mauvaise idée dans la conjoncture actuelle”, assurant qu’elle serait “vent debout” contre la proposition de loi.

Pour tenter de rassurer les opposants au texte, le Premier ministre a assuré de son côté qu'il “tiendrait compte d'un certain nombre de débats qui ont eu lieu” depuis le dernier examen à l’Assemblée.