Ils ont longuement hésité mais ils ont tranché. Contrairement aux parlementaires Verts et communistes, les socialistes seront bien assis lundi sur les bancs du congrès de Versailles pour écouter Nicolas Sarkozy présenter ses nouvelles orientations politiques.
Ils écouteront, puis ils partiront, le PS ayant choisi hier une solution de compromis : bouder le débat organisé après le départ du chef de l’Etat. "La politique de la chaise vide aurait été stérile et ce n’est pas parce qu’on n’a pas voté la réforme constitutionnelle qu’elle ne s’applique pas à nous, explique la député PS Aurélie Filippetti. Mais nous trouvons inconvenant qu’il y ait un débat sans vote : Nicolas Sarkozy aurait pu aussi écouter ce qu’a à dire l’opposition."
En compensation, le PS demande que François Fillon engage la responsabilité de son gouvernement, après le remaniement prévu la semaine prochaine, lors d’un autre débat devant l'Assemblée.
La gauche divisée
En décidant, dans la foulée de la victoire de l’UMP aux européennes, d’utiliser la possibilité offerte par la réforme constitutionnelle de l’an dernier de s’exprimer devant le Parlement (ce sera une première sous la cinquième République), Nicolas Sarkozy aura réussi à embarrasser l’opposition.
Le PS a tenté de parvenir à une position commune de la gauche. En vain. Il s’est lui-même divisé sur la question : ses sénateurs auraient préféré, comme le feront les Radicaux de gauche et divers gauche, rester pour le débat. Les parlementaires communistes et Verts ont quant à eux opté pour le boycott pur et simple.
"Nous refusons de cautionner une opération purement médiatique, une politique tape à l’œil", explique le sénateur vert Jean Desessard, pour qui le boycott vient surtout dénoncer « la mascarade de la réforme de la Constitution, qui devait soi-disant donner plus de pouvoir au Parlement et aboutit au contraire".
La gauche est divisée, la majorité jubile. Tandis que le patron des députés Nouveau Centre, François Sauvadet, a jugé "pas très républicain" le boycott des Verts et du PCF, celui des députés UMP, Jean-François Copé, a qualifié le compromis du PS d’"extravagant".



































