Conséquence de l'évolution de population française et de sa répartition sur le territoire, le gouvernement a entrepris, fin 2008, de réviser la carte de France électorale. Examiné en Conseil des ministres ce mercredi, le nouveau redécoupage des circonscriptions est largement critiqué par le PS qui dénonce son opacité et une réorganisation avantageuse pour l'UMP.
Au micro d'Europe 1 ce mercredi, le porte-parole du PS Benoît Hamon a déclaré que le projet de redécoupage permettrait à l'UMP d'"empocher 30 sièges de plus" à l'Assemblée nationale.
"Si on prend la carte électorale proposée par le gouvernement aujourd'hui en Conseil des ministres, qu'on lui applique les résultats des législatives de 2007, la droite empocherait 30 sièges de plus" à l'Assemblée nationale, a-t-il affirmé. "Pour que nous puissions envisager demain avoir une majorité de sièges à l'Assemblée nationale, il faudrait que nous réunissions 51,3% des suffrages exprimés dans une élection législative", a-t-il poursuivi.
Confié au secrétaire d'Etat à l'Intérieur Alain Marleix, et au conseiller spécial du premier ministre Hervé Fabre-Aubrespy, cette mission dépend du ministère de l'Intérieur qui a en charge l'organisation matérielle des élections ainsi que la préparation et du suivi du droit électoral. Selon le porte-parole du PS, "la commission indépendante a refusé de recevoir le PS", qui avait été "prête à travailler" sur le sujet.
Interrogé également sur Europe 1, le ministre de la relance Patrick Devedjian a répondu aux attaques de Benoît Hamon en indiquant que "les règles qui ont été posées pour procéder à ce redécoupage ont été validées par le Conseil d'Etat qui a donc considéré que c'était équitable."
Le dernier redécoupage électoral a été réalisé en 1986 sous l'autorité du ministre de l'Intérieur de l'époque Charles Pasqua. A l'époque, la population française s'établissait à 54 millions de personnes, elle est aujourd'hui de 63 millions. La nouvelle carte électorale se base sur un nombre constant de 577 députés et attribue un élu par tranche de 125 000 habitants.
Tour d'horizon des départements qui devraient gagner ou perdre des sièges à l'Assemblée.
Ceux qui gagnent:
Deux sièges. 4 départements: Haute-Garonne, Hérault, Seine-et-Marne et Réunion
Un siège: 11 départements: Ain, Gard, Gironde, Ille-et-Vilaine, Isère, Loiret, Savoie, Haute-Savoie, Var, Vaucluse et Val-d'Oise. Ainsi que les collectivités de Polynésie, Mayotte, Saint-Barthélémy/Saint-Martin.
Ceux qui perdent:
Trois sièges. 2 départements: le Nord et Paris
Deux sièges. 2 départements: Pas-de-Calais et Seine-Maritime
Un siège: 23 départements: Allier, Charente, Corrèze, Creuse, Indre, Loire, Lozère, Manche, Marne, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Nièvre, Puy-de-Dôme, Hautes-Pyrénées, Haut-Rhin, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Deux-Sèvres, Somme, Tarn, Haute-Vienne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne


































