Bonjour à tous.

Momo : Bonjour. Quelles sont vos propositions phares ?
Un plan de relance financé par un emprunt européen de 100 milliards d'euros pour investir dans les réseaux de transport, de télécommunication, l'isolation thermique des logements, les énergies renouvelables; créer 10 millions d'emplois verts par ce soutien à ce nouveau modèle de croissance durable; un bouclier social européen avec l'instauration d'un salaire minimum obligatoire dans chaque pays pour lutter contre le dumping social. Une directive cadre de protection des services publics. Mais nous avons également beaucoup d'autres propositions.

Gaucho : Vous accusez l'UMP et le Modem d'avoir des programmes "mensongers et trompeurs". N'est ce pas un facile ? Sur quoi vous basez-vous ?
Je crois que les Français ont droit à une campagne de vérité. Aujourd'hui l'UMP prétend défendre "l'Europe qui protège" mais pendant la présidence française de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy et son gouvernement n'ont pris aucune initiative pour l'Europe sociale.
Ils se sont opposés à la proposition des socialistes européens d'une directive pour les services publics. Ils ont soutenu le passage de 48 heures à 65 heures par semaine dans la directive temps de travail. Ils ont promu la dérégulation économique et sociale avec toutes les droites européennes, celles de Berlusconi etc. Leur vrai programme c'est leur bilan. Quant au modem, ils siègent dans le groupe des Libéraux et Démocrates qui défend la même politique.

Smi : Comment fiancerez vous ce smic européen ?
Dans chaque pays, nous proposons que le niveau du smic soit établi à 60% du salaire médian, ce qui est à peu près la situation en France. Comme vous le savez, le salaire minimum est fixé par la loi mais ce sont les employeurs, privés ou publics qui le paient.

Mouss : Qu'est-ce que vous avez accompli en tant que député européen ?
J'ai été en charge des dossiers économiques et sociaux ainsi que de commerce international pour le groupe socialiste européen dont je suis vice-président. J'ai défendu et élaboré une proposition de directive sur les services publics en lien avec les syndicats européens, j'ai été rapporteur sur le renforcement de la directive sur les comités d'entreprise européens, sur la directive pour l'égalité de traitement des travailleurs intérimaires sur le respect des normes de l'Organisation Internationale du Travail dans les accords commerciaux signés par l'Union européenne, sur les relations commerciales et de développement avec les pays d'Afrique, Caraïbes, Pacifique et beaucoup d'autres sujets.

Le vrai choix dans cette élection est bien entre soit continuer avec la même politique PPE (parti populaire européen) dont est membre l'UMP, soit le projet du PSE (parti socialiste européen) qui est la seule force de gauche qui permette l'alternance au plan européen.

Minouche : L'UMP dit qu'il veut une Europe qui protège. C'est un programme de gauche, non ? Qu'est-ce qui différencient vos programmes ?
Avec la crise du système capitaliste financiarisé et l'échec des politiques ultralibérales, tout à coup, la droite change de discours au moment des élections et veut se donner un visage social. Je dis : attention aux contrefaçons. Les programmes des droites européennes et des libéraux européens adoptés à Varsovie et à Stockholm sont la poursuite de la libération des services publics, de l'énergie, des transports, de la santé, le refus de toute harmonisation fiscale et sociale La droite a réduit l'Europe au marché et abimé l'idée européenne en dressant le mur de l'ultralibéralisme entre les européens et l'Est et de l'Ouest.

Fanchik : Le meeting de ce soir entre Martine Aubry et Ségolène Royal, c'est une pure opération de communication ou le début d'une vraie réconciliation ? Vous pensez que les voir ensemble peut relancer la campagne du PS ?
Il était normal que Ségolène Royal participe à ce meeting, dans sa région, aux côtés de Martine Aubry et je m'en réjouis. C'est l'unité qui compte pas la communication vous avez raison.

Frère : La liste "Union des gens" en IDF promet de reverser le salaire de ses élus à des associations sociales... Cela vous inspire t'il ?
Je ne connais pas cette liste. Les élus socialistes payent des cotisations obligatoires au Parti Socialiste et peuvent par ailleurs faire des dons aux associations caritatives.

Farida : Pourquoi cet ancrage en Ile de France ?
J'ai toujours vécu en région parisienne : je suis né dans le 13ème, j'ai grandi à Bagneux jusqu'à l'âge de 10 ans, j'ai vécu à Ivry-sur-Seine, mon père était directeur d'école, j'ai vécu à Créteil où j'ai été étudiant. Puis de nouveau à Paris quand j'étais à la Sorbonne. Je vis depuis plus de 10 ans en Seine Saint Denis : à Aulnay-sous-Bois et aujourd'hui au Pré-St-Gervais. L'Ile de France est ma région et je l'aime.

AC : Comment se fait-il que Bayrou fasse plus de bruit que vous ?
Bayrou détourne cette campagne pour les élections européennes pour ne parler que de la présidentielle ce qui intéresse toujours beaucoup les média. Mais c'est au détriment de ce qui est en jeu dans cette élection, alors que les enjeux européens sont absolument majeurs aujourd'hui.

Velib : Attendez-vous vous aussi que l'Europe soutienne financièrement les projets du Grand Paris voulus par Nicolas Sarkozy ?
L'Europe soutient déjà de nombreux projets de rénovation urbaine, de développement des transports dans la région. Grâce à la mobilisation de Jean-Paul Huchon et des collectivités locales pour obtenir ces fonds européens. Le vrai projet du Grand Paris c'est celui de Paris métropole lancé par Bertrand Delanoë et les communes de l'agglomération qui se sont regroupées. L'Etat apporte son appui mais il faut respecter les élus locaux.

Gérard : En tant que proche de Bertrand Delanoë, quel regard vous portez sur l'action de Martine Aubry à la tête du PS ?
Nous la soutenons dans le travail qu'elle a entrepris pour rassembler les socialistes et répondre à l'attente des français et préparer un projet alternatif à celui de Nicolas Sarkozy pour 2012.

Pascal : J'ai regardé l'émission "mots croisés" lundi soir, et, aucun des participants, ne m'a donné envie d'aller voter le 7 juin. Quand le PS arrêtera-t-il de faire systématiquement de l'anti Sarkozy, au lieu de présenter un projet clair, net, précis ? Il y a un temps pour la critique, et un temps pour proposer.
Le temps manquait sans doute pour développer d'avantage les propositions. Je vous invite à en prendre connaissance plus complètement en allant regarder notre programme européen, commun aux 27 partis socialistes d'Europe, le Manifeste sur le site de campagne : www.changerleurope.fr
C'est le programme le plus novateur et audacieux qui est le seul à permettre un vrai changement maintenant, pour l'Europe.

Mouss : Vous avez demandé un débat télévisé avec Michel Barnier. Vous avez eu une réponse ?
Indirectement oui, puisqu'il a annulé un face à face qui avait été organisé par Public Sénat.
Or, le vrai choix dans cette élection est bien entre soit continuer avec la même politique PPE (parti populaire européen) dont est membre l'UMP, soit le projet du PSE (parti socialiste européen) qui est la seule force de gauche qui permette l'alternance au plan européen.

Sophie : J'ai lu que vos rapports avec Benoît Hamon, qui n'est pas sûr d'être élu car il est en troisième position sur votre liste, étaient tendus. C'est le cas ? Vous pensez faire suffisamment de voix pour qu'il soit élu ?
Nos rapports avec Benoît Hamon sont très bons. Je suis fier de conduire une liste où sont représentées toutes les sensibilités du Parti socialiste et nous faisons campagne ensemble avec Benoît. Nous étions lundi dans les Hauts de Seine à la rencontre des salariés de La Défense. Nous serons mardi dans l'Essonne pour un grand meeting à Montgeron. Je n'ai aucune inquiétude sur l'élection de Benoît.

Verte : Votre appel aux Verts d'Europe Écologie a t'il été entendu ?
C'est à l'ensemble des électeurs de gauche que j'ai lancé un appel. Le 7 juin, il n'y a qu'un tour. Ni abstention, ni dispersion pour faire gagner nos idées au Parlement européen.

Nick : Quels sont vos arguments en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'Europe ?
Des conditions économiques, démocratiques, ont été posées à la Turquie. Elles concernent notamment le respect des minorités kurdes, le droit des femmes, pour moi également la reconnaissance du génocide arménien. La Turquie est loin de les remplir aujourd'hui. Chacun sait que ces négociations vont durer pendant au moins 10 ou 15 ans. Mais je crois que l'on aurait tort, alors que la Turquie évolue, de la rejeter par principe et surtout de tenir un double langage comme le fait Nicolas Sarkozy qui a accepté la poursuite des négociations à Bruxelles mais dit aux Français à Paris que jamais la Turquie n'entrera dans l'Europe.
Il faut avoir une vision historique, à long terme. L'Europe doit aussi être un pont dans le monde demain, entre l'Orient et l'Occident. On ne doit pas rejeter un pays en jouant sur la peur de l'Islam parce que l'on est à la veille des élections. Mais cette question ne sera pas à l'ordre du jour des 5 prochaines années du Parlement européen. La priorité aujourd'hui c'est l'approfondissement politique, économique et social et de l'Union européenne. Chaque chose en son temps.

Eric : Le meeting des dirigeants quadras du PS la semaine prochaine, ce n'est pas une image plus forte que celle de Martine et Ségo ? Il serait pas temps que les jeunes prennent le pouvoir au PS ?
Oui ce sera aussi une belle image d'unité, de renouveau, de mobilisation et d'appel au vote notamment des jeunes. Je souhaite encourager une nouvelle génération à s'impliquer très fortement en politique et à venir travailler avec nous au Parti socialiste pour que ça change.

Cha : Vous pensez encore pouvoir battre l'UMP ?
Nous avons l'ambition que les socialistes européens soient majoritaires le 8 juin au Parlement européen pour changer l'Europe.

Sim : Que pensez-vous de l'action menée pour les banlieues par Fadela Amara ?
Les banlieues ont vraiment besoin d'un vrai plan Marshall pour les sortir de leur situation de ghetto social. L'action de Fadela Amara s'est malheureusement réduite à peu de chose faute d'un engagement réel de l'Etat qui n'a pas fait de la banlieue sa priorité. Au contraire ce à quoi nous assistons, c'est en Seine Saint Denis la suppression de postes d'enseignants, de la police de proximité et des portiques dans les établissements scolaires.

Besa : Ne craignez-vous pas la concurrence de la nouvelle gauche et du NPA ? pourquoi ne pas avoir fait alliance avec Mélenchon ?
C'est Jean-Luc Mélenchon qui a fait le choix de quitter le Parti Socialiste. Je dis : attention à la dispersion et à la division qui affaiblissent et éparpillent la gauche. La gauche utile au Parlement européen pour faire avancer l'Europe sociale et battre la droite, ce sont les socialistes alliés à tous les autres socialistes européens et qui peuvent constituer une majorité d'alternance. Nous avons besoin de changer l'Europe maintenant. Alors ni abstention, ni dispersion, rassemblons nous dès le 1er tour parce qu'il n'y en a pas d'autre. Je vous invite tous à voter pour la liste pour le changement, le 7 juin. Merci à tous et n'hésitez pas à me joindre sur mon site : www.harlem-desir.fr