On se sent obligé de rester jusqu'au bout. Mais Il y a pire que les performances des candidats, il y a les commentateurs. Julien Courbet et Cyril Hanouna ont réussi le pari de nous assomer plus durement que les pseudo-chanteurs qui se sont donnés (vraiment) beaucoup de mal à illustrer l'expression "degré zéro de la chanson". Nos chers présentateurs vedettes n'ont-ils pas d'ailleurs tenu à souligner que Michel Drucker et Patrick Sébastien étaient fidèles au poste et leur avaient envoyé des textos de félicitations ? C'est tout dire. Mais le pire reste l'attente des résultats, une séquence interminable durant laquelle chaque pays attribue ses points l'un après l'autre. Cérémonie oblige, les spectateurs atterrés ont droit au défilement des présentateurs nationaux, tous plus scintillants les uns que les autres.

Jambes écartées et gros bras

Le côté émouvant de cette succession de daubes musicales aurait pu se nicher derrière une sorte de revival des années 80. Avec force costumes kitsch et décors psychédéliques à la clé (le spectacle a quand même coûté la bagatelle de 32 millions d'euros). Sauf qu'à côté des performances médiocres des pays en lice, les années 80 font figure d'âge d'or en matière d'expérimentation musicale de qualité. La dance la plus basique était de mise. Pour participer au Concours, de toute façon, l'essentiel était de garder les jambes bien écartées (pour les hommes) et d'avoir de gros bras (pour les femmes).

Robes à froufrous et décolletés

Des costumes blancs pour les filles et noirs pour les garçons, ou inversement, c'était le mot d'ordre de la soirée. Quant au brushing blond au-dessous des robes à froufrous et des décolletés plongeants, cela devait faire partie des critères de sélection. Bien sûr, on a tout de même eu droit à un aperçu réjouissant des tradtions européennes, avec, notamment, les costumes bigarrés et les rythmes folkloriques des Moldaves.

Patricia Kaas au fond du trou

Pour supporter jusqu'au bout l'Eurovision, en tout cas, il fallait à tout prix prévoir un tube d'aspirine complet. Cétait vraiment mauvais. Genre, la star ac' des loosers. Bon, la prestation de Patricia Kaas n'était pas totalement honteuse. Elle avait le mérite de la sobriété. Mais enfin, "il fallait le faire" (ou quelque chose comme ça), ça ne renversait pas les foules. En tout cas, elle se retrouve en bas du classement. Vous me direz, c'est plutôt bon signe, finalement. La Norvège, qui apparemment a battu tous les records de l'Eurovision, remporte le Concours haut la main. Ben, nous, on va se coucher (avec une pensée affectueuse pour Morten, le chanteur norvégien de A-ha).