Avec un bénéfice net de 1,6 milliards d'euros au deuxième trimestre (en hausse de 6,6% par rapport au 2T 2008), la banque BNP Paribas, dans laquelle l'Etat a investi 5,1 milliards d'euros le 31 mars dernier, affiche une santé insolente en cette période de crise.

Alors que la banque a provisionné environ un milliard d'euros en vu de rémunérer début 2010 ses traders en bonus (voir article), des voix s'élèvent pour demander qu'une partie du prêt accordé par l'Etat pour soutenir l'activité de la banque, ainsi que celle de cinq autres banques françaises, soit remboursé. Ainsi, l'association SOS Petits Porteurs a réclamé, ce mercredi dans un communiqué, que la banque BNP Paribas rembourse à l'Etat le "milliard des traders". Mais l'Etat souhaite-t-il forcément récupérer rapidement cette somme ?

Interrogé sur le sujet par Metro, Bruno Sylvestre, porte-parole de la ministre de l'Economie Christine Lagarde affirme: "Il n'est pas dans notre intérêt de mettre la pression sur les banques". Rémunéré à hauteur d'environ 8% par an, le prêt consenti par l'Etat devrait lui rapporter cette année 1,4 milliards d'euros, auquel il faut soustraire le montant des intérêts liés à la somme que l'Etat a lui-même empruntée sur le marché international pour financer cette aide, soit probablement un total d'environ 700 millions d'euros au bénéfice de l'Etat fin 2009.

"Ces prêts rapportent", affirme Bruno Sylvestre qui explique que "la priorité est donnée à la consolidation des acteurs financiers, plutôt qu'à un remboursement rapide qui pourrait les fragiliser sur le plan international". Une consolidation que n'a pas manqué d'opérer le groupe BNP Paribas, qui avec le rachat de la banque Belge Fortis au printemps dernier, est devenu la première banque de dépôt de la zone euro.

De son côté, le directeur général de BNP Paribas, Baudouin Prot, reste prudent concernant le rachat des actions de préférence acquises par l'Etat: "je confirme qu’à partir de la fin de l’année, nous examinerons ce que seront devenues la conjoncture économique et la conjoncture bancaire, ainsi que ce que seront les résultats du Groupe de l’année 2009. Il n’est pas impossible, sur la base de ces éléments, que nous commencions à rembourser graduellement les actions de préférence de l’Etat. Nous le ferons à partir de la capacité bénéficiaire du Groupe, donc de ses résultats", a-t-il déclaré ce mardi lors de la présentation des résultats du groupe pour le deuxième trimestre 2009.