"Il n’y a pas de compromis possible avec Ahmadinejad”, prévient d’emblée Mahpan, 36 ans, une Téhéranaise installée à Paris. Comme elle, ils sont près de trois cents à s’être réunis entre hier soir à proximité de l’ambassade d’Iran dont les alentours ont été bouclés par des barrières de police. Les pancartes “Où est passé mon vote?” fleurissent, à côté d’une banderole dénonçant les “élections truquées”. Les manifestants – pour la plupart, des iraniens résidant en France – arborent des bandanas ou des bracelets verts, la couleur du candidat Moussavi. “C’est le seul, parmi les candidats qu’on nous a imposés, à avoir compris la volonté de changement des nouvelles générations” résume Mahsa, un drapeau iranien sur les épaules.

“Censure, sabotage”
Un manifestant muni d’un micro prend la parole. En iranien d’abord puis en français, il rappelle les incohérences du vote, “avec des scores officiels qui donnent Moussavi perdant dans sa région d’origine même”. Des slogans suivent – “censure, sabotage, sortons l’Iran de sa cage” – puis des hymnes, dont Mahsa précise qu’ils ont été chantés le même jour dans les rues de Téhéran et d’autres grandes villes régionales. Un peu à l’écart, Arman, en voyage à Paris pour quelques jours, assure avoir discuté avec un agent de l’ambassade : “Il est venu là pour évaluer la situation. Il pense que même ici, on a peur du gouvernement. D’un côté, c’est vrai, je n’ai pas envie qu’on me prenne en photo, mais ça ne m’empêchera pas de manifester. C’est trop important.” “Moussavi raye maro pas begir”, conclut-il. “Moussavi, récupère notre vote.” hadrien cottin